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13/11/2009

Un naïf en politique...

Si le langage courant a fait du « naïf » l’être crédule et quelque peu ridicule que l’on sait, dont la candeur le dispute à la niaiserie, l’acception première est bien différente et pose le « naïf » comme celui qui agit avec empirisme et sincérité et s’emploie à présenter sans artifice la réalité, avec le souci de l’objectiver au mieux. En bref, il y a de l’authentique et du raisonnable chez le naïf !

Quant à la politique, elle consiste, au sens étymologique du terme, en l’art de gouverner les hommes. C’est à partir de là que les choses se compliquent.

Les gouverner en les associant aux affaires publiques selon diverses pratiques ? La sphère du politique interfère alors avec celle de la morale ; et, considérant la société de son temps, Voltaire écrivait, dans son Essai sur les mœurs, que « [le] véritable but de la politique […] consiste à enchaîner au bien commun tous les ordres de l’Etat. »

Ou les gouverner en confisquant le pouvoir et en les mystifiant ? Alors, selon le mot de Beaumarchais, dont on connaît la finesse et la lucidité du regard, la politique, « c’est l’art de créer des faits, de dominer, en se jouant, les événements et les hommes ; l’intérêt est son but, l’intrigue son moyen : toujours sobre de vérités, ses riches et vastes conceptions sont un prisme qui éblouit. »

Dans cette seconde perspective, la politique rejoint la chose politicienne, celle qui justifie l’usage de tous les moyens pour accéder au pouvoir et le conserver, comme elle s’en éloigne dans la mesure où tel choisit de se comporter en politicien parce qu’il n’a pas de politique.

De la duplicité des mots… pour traduire celle des comportements !

Alors, pourquoi suis-je « un naïf en politique » ?

Parce que je déteste la rouerie et que je respecte mes semblables, avec leurs qualités et leurs défauts, leurs faiblesses et leurs forces.

Parce que je déteste toutes les formes d’autocratie et porte les idéaux de l’humanisme, les valeurs de la démocratie.

Parce que je déteste les jeux partisans et mesquins, passionnels et irraisonnés, ceux qui avilissent l’Homme, et que je prône, au bénéfice de nos concitoyens, le sens de l’action publique, le courage des décisions, la liberté d’esprit, le souci de sa dignité d’humain.

Parce que je déteste les faux semblants et les faux-fuyants, qui altèrent le réel, et que je privilégie les explications directes, sereines, courtoises – ce qui n’exclut évidemment pas la force des convictions et de l’engagement – et le traitement résolu des situations, aussi complexes, délicates, sensibles, qu’elles soient.

Etre « un naïf en politique », n’est-ce pas, dans la conjoncture actuelle, nationale comme locale, oser regarder la réalité en face et la prendre en considération dans l’intérêt de tous nos concitoyens – et pas seulement de celles et ceux qui nous ont fait confiance au travers de l’élection –, dans le respect absolu de l’Autre, ce qui implique une absolue maîtrise de soi, condition essentielle de l’action publique.

Puisse la politique réunir le plus grand nombre de naïfs…

17:46 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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