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27/01/2010

Contribution au Projet régional UMP-Nouveau Centre en Languedoc-Roussillon

regionales.jpg« Quelle est la première partie de la politique ? L’éducation.
La seconde ? L’éducation. Et la troisième ? L’éducation. » J. MICHELET


Une présentation synthétique et des propositions pour tracer des perspectives et ouvrir le débat, avec les membres des communautés éducatives – dont les lycéens et leurs familles –, les partenaires multiples des lycées, les élus des collectivités concernés par le lycée comme outil de développement de leur territoire, l’ensemble de nos concitoyens intéressés par les problématiques éducatives.

Bref RAPPEL JURIDIQUE
La loi de décentralisation du 7 janvier 1983 (après la loi cadre du 2 mars 1982, dite « loi Defferre ») a transformé les anciens « établissements publics nationaux », gérés auparavant par l’Etat, en établissements publics locaux d’enseignement (EPLE), qui relevant en partie, dans le cadre de compétences partagées, des collectivités territoriales – les conseils régionaux pour les lycées.

Le régime des EPLE a été établi par le décret n°85-924 du 30 août 1985. Il est désormais fixé au titre II du livre IV du code de l’éducation.

Les EPLE, donc les lycées, ont le statut d’établissements publics à caractère administratif, sont donc juridiquement des personnes morales de droit public (« décentralisation fonctionnelle » vs « décentralisation territoriale » - démocratie de proximité - des collectivités).

Les compétences sont partagées entre l’Etat et, pour les lycées, le Conseil régional.
En bref, l’Etat, via le Ministère de l’Education nationale et ses services déconcentrés (le Rectorat dans chaque académie) ou celui de l’Agriculture et de la direction régionale compétente, exerce ses responsabilités en termes d’enseignement et de délivrance des diplômes.

Le Conseil régional a, sommairement, quatre grands domaines de responsabilités :
• Le patrimoine (bâtiments et équipements) : entretien, rénovation, restructuration, construction.
• Le fonctionnement, au plan pratique et logistique, par le biais d’un budget attribué à l’EPLE.
• Les services complémentaires de l’enseignement : accueil, restauration, hébergement (internat).
• La gestion des personnels liés à ces services, les personnels TOS (depuis le 1er janvier 2005).
Il peut choisir d’intervenir dans d’autres secteurs : action éducative complémentaire, bourses d’études, etc.



Trois axes de réflexion et de proposition :
1. Le sens – Conduire une vraie politique éducative.
2. Les moyens – Adapter locaux et équipements aux orientations du mandat.
3. La méthode – S’inscrire dans une démarche de dialogue et de négociation.


1. CONDUIRE UNE VRAIE POLITIQUE EDUCATIVE

1.1. Définir un projet régional pour l’éducation, avec des ambitions fortes et des orientations explicites, déclinées en termes d’objectifs et d’effets attendus, à partir de l’analyse du territoire régional et des territoires qui le constituent, de la place de la région dans ses interactions avec les régions voisines, françaises et européennes, plus largement du positionnement national et européen de la région Languedoc-Roussillon.


Le propos vaut pour les lycées privés d’enseignement sous contrat comme pour les lycées publics, les premiers assurant une mission de service public.

Axes d’action, à titre de propositions :

- Contribution à la réflexion sur les structures de formation initiale, par la voie scolaire traditionnelle ou par apprentissage, en fonction de l’économie locale/régionale – existant et perspectives –, du marché de l’emploi – également mis en perspective – des continuités avec l’enseignement supérieur (formation et recherche), etc.

- Mise en place d’un « lycée du futur », de haute qualité environnementale, technologique et informationnelle, faisant une large place aux technologies numériques pour une plus grande autonomie des élèves, voire pour la conception de parcours plus personnalisés et plus adaptés aux savoirs et aux potentialités des lycéens.

- Participation à la constitution de pôles innovants de formation et de recherche, par exemple sous la forme de clusters (regroupement d’entreprises et d’institutions liées à la connaissance, proches géographiquement, qui partagent un même domaine de compétences et travaillent en complémentarité).

- Définition d’un projet de réussite éducative, composante du projet régional, en faveur des publics les plus fragiles, affectés par des difficultés diverses – déficit scolaire, désavantage social, handicap physique ou sensoriel.

- Contribution à une politique de développement des langues, parce qu’avoir des compétences en langues étrangères constitue un atout majeur sur le marché de l’emploi, et de partenariats européens/mondiaux – réseaux de lycées ou établissements équivalents – dont participation financière à l’évaluation des compétences en langues (frais d’inscription aux tests ou examens).
Ex. de la scolarisation de jeunes Tchèques au lycée Daudet à Nîmes dans le cadre d’une coopération linguistique et éducative européenne.

- Soutien aux projets éducatifs, artistiques, sportifs, environnementaux – ex. d’engagement de lycées dans une démarche « agenda 21 » –, dans le cadre d’un plan de réussite scolaire pour tous les lycéens.

- Mise en place d’une politique d’orientation cohérente et structurée, dans une perspective de coordination et de simplification des dispositifs existants (Education nationale, Région, Pôles Emploi) – dont organisation, d’une part, de salons dédiés aux métiers et à l’orientation, en partenariat avec le rectorat et les partenaires locaux, d’autre part, de conférences dans les lycées par des universitaires (type « université de tous les savoirs »).

- Mission(s) des lycées dans la formation continue des adultes, en liaison avec le monde de l’entreprise.

-->Mise en œuvre de politiques d’aide aux élèves et à leurs familles :


-->réflexion sur la gratuité des manuels et autres supports pédagogiques, sur celle des tenues et équipements personnels dans le cadre de certaines formations professionnelles (type « caisse à outils »)

* fourniture d’équipements numériques, en fonction du projet de l’établissement

* chéquier « Loisirs » pour tous les lycéens, afin de favoriser leur accès à la culture, aux sports et aux loisirs, en complément d’actions culturelles organisées en partenariat avec le rectorat et le pôle préfectoral compétent

* aide à la restauration pour les élèves boursiers

* bourses d’études pour des étudiants de premier cycle d’enseignement supérieur, en lycée, à l’université, en grande école.


1.2. Accompagner, dans le cadre d’un système à compétences partagées, la politique éducative du Gouvernement/Ministère de l’Education nationale.

Quelques pistes à titre d’exemple :
- Accompagnement personnalisée des lycéens.
- Développement de l’autonomie des élèves, ce qui nécessite des espaces et des équipements facilitateurs.
- Instauration de conditions plus sereines d’apprentissage avec la mise en place d’une équipe mobile de sécurité par académie.


1.3. Valoriser les réussites des lycéens et des étudiants ainsi que celles des équipes d’enseignants, au triple plan des performances scolaires exceptionnelles, de travaux innovants et de productions particulières, de comportements exemplaires, au sein des lycées comme dans leur environnement.



2. ADAPTER LOCAUX ET EQUIPEMENTS AUX ORIENTATIONS DU MANDAT

143 lycées dans la région, dont 38 dans le Gard – 22 publics (12 LEGT et 10 LP) et 16 privés (6 LEGT, 5 LP, 5 MFR d’éducation et d’orientation).

Poursuivre et développer la politique patrimoniale initiée, avant l’actuel mandat, par l’équipe de Jacques BLANC, avec une forte orientation environnementale – notamment normes HQE (haute qualité environnementale) et BBC (bâtiment basse consommation) et une réflexion approfondie sur la fonctionnalité des espaces au regard des missions de l’établissement.

Il convient de souligner que l’actuel Conseil régional n’a quasiment rien fait en la matière pour les lycées privés sous contrat, lesquels assurent une mission incontournable au niveau du second cycle du second degré.

2.1. - Elaborer un plan pluriannuel d’investissement 2010- 2015, intégrant un programme pluriannuel de construction de nouveaux établissements, sur la base d’analyses fines de besoins, en étroite coopération avec le Rectorat de l’académie de Montpellier.

- Accentuer l’opération de rénovation des établissements, en fonction d’un programme répondant à des priorités explicites – état des locaux, degré d’accomplissement des missions, etc.

2.2. Concevoir des espaces éducatifs, à l’occasion de construction ou de rénovation d’établissements, qui favorisent des fonctions primordiales, encore réduites aujourd’hui :

- Fonction « Accueil » des élèves et de leurs familles, à l’entrée au lycée mais aussi tout au long du parcours de l’élève au lycée.


- Fonction « Accompagnement des élèves et des étudiants », avec la possibilité d’espaces de travaux individuels ou en très petits groupes, espaces disposant des technologies contemporaines de communication et d’exploration des champs de connaissances.


- Fonction « Vie de l’élève », avec la mise à disposition d’espaces ludiques et culturels, de lieux d’échanges et de partage.


Ce qui implique également la création d’espaces de travail plus nombreux et mieux adaptés pour les personnels, en particulier pour les enseignants.

2.3. Créer des internats d’excellence pour des lycéens ou des étudiants qui en manifestent le besoin – exemple de l’éloignement du domicile (ex. : lycée des métiers d’art à Uzès qui recrute sur un très large territoire, bien au-delà du Languedoc-Roussillon) –, pour des lycéens dont les familles le souhaitent ou sur recommandation d’équipes éducatives – nécessité d’une mise à distance temporaire dans le cadre de la résolution de problèmes de comportements, de problèmes familiaux, etc.

2.4. Sécuriser les lycées, au titre de l’autoprotection, en appui des mesures et dispositifs mis en œuvre par l’Education nationale – dernier exemple en date : la création d’équipes mobiles académiques de sécurité, dispositifs pluridisciplinaires de prévention, de médiation et d’intervention (circulaire du 23 septembre 2009).


Celle de l’académie de Montpellier, créée le 20 janvier 2010, compte quinze membres, dont d’anciens policiers et gendarmes ( à sa tête un contrôleur général honoraire de la police nationale).




3. S’INSCRIRE DANS UNE DEMARCHE D’INFORMATION, DE DIALOGUE ET DE CONCERTATION

Créer le meilleur climat de relations pour une efficacité accrue du Conseil régional dans les lycées : établissement de relations constructives, fondées sur la transparence et la confiance, ce qui implique un dialogue permanent, sous des formes multiples, formelles et informelles, ainsi que le débat contradictoire.

3.1. Réunir régulièrement, dans des configurations adaptées – problématiques générales, approches thématiques, bassins de vie et de formation, projets ou dossiers spécifiques – les responsables des établissements publics et privés sous contrat.

3.2. Organiser des rencontres régulières avec les représentants des personnels – par catégories ou en intercatégoriel selon les sujets à traiter –, les représentants des parents d’élèves et des lycéens afin de recueillir des analyses, des avis, des suggestions, avant toute prise de décision sur une question d’importance, qui engage l’avenir des lycées en général ou d’un lycée en particulier.

3.3. Concevoir avec des représentants des communautés des lycées d’aujourd’hui le « lycée du futur », comme « éco-système informationnel » dans lequel se meuvent des élèves de plus en plus « nomades », ce qui est aussi le moyen de faire évoluer le lycée d’aujourd’hui – ce qui signifie à la fois faire de la prospective avec les enseignants, les parents d’élèves, les lycéens, les différents acteurs de l’action éducatrice et réfléchir en lien avec la 27° Région, virtuelle, pour décrypter les enjeux et anticiper les modes de formation de l’avenir.
L’innovation, pour être porteuse et efficace, doit se construire avec les usagers d’aujourd’hui.

3.4. Mettre en place un conseil régional des lycéens, avec ressources matérielles et financières propres, qui désigne deux ou plusieurs délégués (à définir) représentant leur instance au Conseil régional lorsque l’ordre du jour de celui-ci comporte une ou des questions d’éducation.

3.5. Attribuer aux lycéens un budget participatif, dans chaque établissement, pour des réalisations de type activités éducatives, aménagement et équipement de locaux, etc. – gestion possible par le conseil de vie lycéenne, instance représentative des lycéens au sein de l’établissement qui a pour visée de formuler des propositions en vue d’améliorer la vie quotidienne des lycéens.

3.6. Rencontrer les membres des communautés éducatives par le biais de visites d’établissements, sur la base du projet de l’établissement ou d’un dossier particulier, en liaison, dans toute la mesure du possible, avec l’autorité académique.

3.7. Contractualiser avec les chefs d’établissement sur des objectifs précis de réalisation par le Conseil régional, objectifs généraux concernant l’ensemble des lycées, une catégorie de lycées, un réseau de lycées, un lycée particulier.

3.8. Publier un « Guide du lycéen » à destination des jeunes et de leurs parents.


3.9. Ritualiser un accueil des nouveaux personnels de direction et d’encadrement des lycées, ainsi qu’une cérémonie de départ de ces mêmes catégories de personnels.


Même proposition pour les personnels au niveau de chaque département de la région.


Créer un climat de confiance et de négociation nécessite une rupture avec certaines pratiques actuelles – je pense notamment méthodes autoritaires, contestées par une majorité de chefs d’établissement, et aux saillies verbales du président du Conseil régional, y compris à l’occasion de cérémonies dans les lycées.

Il ne s’agit là que d’un regard et de propositions, qui méritent évidemment d’être croisés et confrontés à d’autres regards et suggestions pour l’élaboration minutieuse d’un projet régional d’éducation.

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