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06/04/2010

Sécurité et Société

Les 07 et 08 avril 2010 se tiennent à la Sorbonne, à l’initiative du Ministre de l’Education nationale, Luc CHATEL, des « Etats généraux de la sécurité à l’Ecole », au sous-titre volontariste : « Comprendre, prévoir, agir ». Si une telle initiative mérite d’être saluée, il n’en est pas moins regrettable qu’elle constitue une réponse quasi immédiate à des faits graves – que les médias présentent comme des « faits divers » - dans des établissements de la région parisienne. Les problématiques majeures ne sauraient être examinées sous le coup de l’émotion et de la colère, même atténuées par les semaines passées ; elles nécessitent mise à distance et lucidité.

Les constats et analyses ne manquent pas, non plus que les plans de prévention de la violence ou de lutte contre celle-ci. Depuis un quart de siècle, les violences scolaires ont donné lieu à une abondante littérature et ont fait l’objet de plans successifs, guère plus opératoires les uns que les autres, malgré l’ambition affichée des gouvernants, le relais déterminé des institutions et l’engagement sans faille des acteurs de terrain.

Mais le traitement d’un mal aussi profond, davantage dû à la répétition régulière, voire quotidienne, d’incivilités de tous ordres et d’agressions mineures – bien qu’inacceptables – qu’à des actes graves de délinquance – même s’il s’en produit trop souvent –, relève de solutions complexes, à divers niveaux, en étroite interaction. Vouloir agir au seul échelon des établissements scolaires, sans faire évoluer simultanément le système éducatif et travailler à l’ajustement de notre modèle de société, risque de se traduire, une nouvelle fois, par des mesures aussi inefficaces qu’inadaptées.

Nul magicien ne saurait venir à bout, d’un coup de baguette magique et dans l’instant, de phénomènes qui gangrènent la société entière et, au sein de celle-ci, les établissements scolaires et leurs abords.

A l’échelle de la Nation, les politiques ont la responsabilité majeure de travailler à un nouveau pacte social, de faire évoluer notre modèle de société vers plus d’humanisme, notamment dans ses composantes économique, culturelle et sociale. Le modèle actuel, ultralibéral, génère de terribles violences, au premier rang desquelles l’augmentation du chômage et de la pauvreté, le renforcement des inégalités sociales, la montée des égoïsmes et le délitement du lien social, les pratiques mortifères de la finance internationale et de grands patrons sans foi ni loi. S’il est légitime d’œuvrer par le travail à l’accroissement des richesses, il ne l’est pas moins de veiller à une meilleure répartition de celles-ci et de mieux prendre en considération les femmes et les hommes qui contribuent à leur production.

Dans le même temps, il est essentiel d’agir sur l’Ecole, lieu majeur d’apprentissage de la citoyenneté – n’est-ce pas l’un des sept piliers du « socle commun de connaissances et de compétences » ! –, mais aussi lieu de violences ordinaires, celles commises par certains élèves ou par des jeunes extérieurs aux établissements, celles, insidieuses, dues à l’institution elle-même.

En effet, le système éducatif, dans son fonctionnement comme dans le comportement de certains de ses acteurs, est générateur de violences : organisation scolaire stéréotypée et rigide, inadaptée à diverses catégories d’élèves, en particulier les plus fragiles (pour des raisons individuelles ou sociales) ; absence d’explicitation du projet éducatif et du sens de l’Ecole, ainsi que de celui des nécessaires contrôles et évaluations ; insuffisance ou défaut de qualité de services d’enseignement ou d’éducation proposés aux élèves ; manque de considération, voire de respect, de certains personnels vis-à-vis des élèves ; sanction moins éducative que punitive des écarts et des inconduites, parfois au point d’exacerber ceux-ci ou ceux-là.

S’il n’existe ni solution unique, ni solution miracle, des pistes, connues, sont à explorer ou à mettre en œuvre : la constitution d’unités pédagogiques/éducatives à taille réduite dans les territoires fragiles, voire d’unités expérimentales ; la stabilisation des équipes d’encadrement, d’enseignement et d’éducation ; la conception et l’application d’autres modes d’affectation et de promotion des enseignants, de telle sorte que les plus jeunes et les moins expérimentés ne soient pas nommés dans les établissements difficiles ; l’élaboration, l’appropriation et la mise en place de projets partagés d’école ou d’établissement comportant un volet éducatif fort ; l’établissement par chaque communauté éducative d’un diagnostic de sécurité, qui prenne en compte à la fois les particularités de l’école ou de l’établissement et ses environnements, géographique, économique, sociologique, culturel, etc. ; l’instauration de règles et de rituels propres à structurer la communauté éducative ; la formation des enseignants à la prévention et au traitement des conflits et leur accompagnement dans les situations les plus difficiles ; etc.

Ces pistes de réflexion et d’action ne sauraient, d’une part, être exhaustives, d’autre part, être considérées isolément les unes des autres. Elles sont à inscrire dans une logique d’établissements conçus comme systèmes, dans leur organisation spécifique et entre eux.

Les deux premiers niveaux pris en compte, les mesures particulières de prévention des violences scolaires trouvent pleinement leur sens et leur place. Elles peuvent alors produire pleinement leurs effets. Il est inutile de les rappeler ici tant elles sont été déclinées sous des formes diverses, notamment au travers des plans successifs déjà évoqués.

Une chose est sûre, en dépit des revendications réitérées en ce sens, la réduction des effectifs dans les classes et l’adjonction de moyens supplémentaires – par exemple surveillants et assistants d’éducation ou de vie scolaire – ne constituent en la matière que des leurres, de bien piètres miroirs aux alouettes. Tant pis pour les cris d’orfraie que ne manquera pas de provoquer ce propos !

La sécurité à l’Ecole implique la mobilisation de tous les acteurs sociaux, pas seulement celle des professionnels de l’éducation, toutes catégories confondues. Elle ne saurait être le fruit de mesures propres à la seule institution scolaire, même si celles-ci sont nécessaires. Un énième plan ne saurait résoudre les désordres actuels, qui accentuent un sentiment d’insécurité de plus en plus vif et profond, s’il ne s’inscrit pas dans une réflexion générale sur les transformations du système éducatif et sur l’évolution de notre modèle de société.

05/04/2010

Elections régionales et affaiblissement de la démocratie...

Le bruit médiatique des élections régionales de mars 2010 s’est maintenant tu. Beaucoup de commentaires ont été faits sur les résultats de ce scrutin, que les Français ont, une fois de plus, transformé en vote sanction de la politique nationale, en rejet des positions et décisions du Président de la République.

Nul besoin, donc, d’analyser le taux record des abstentions ou le retour, sur la scène politique, du Front National, en particulier dans le Nord de la France et dans les deux régions de l’arc méditerranéen. Quant au succès du Parti Socialiste et d’Europe Ecologie, s’il est indiscutable, il ne signifie pas pour autant une adhésion des électeurs à un projet de gauche, qui se laisse à peine deviner, à des orientations souvent aussi générales que généreuses, à des programmes dont certains ne traduisent que de vagues engagements. Le niveau élevé de l’abstention en relativise d’ailleurs l’ampleur et la portée.

Ce qui frappe, dans ces élections, c’est le témoignage qu’elle donne d’un affaiblissement de la démocratie.

La force d’une démocratie réside, entre autres éléments, dans l’adhésion à un projet de société, à l’échelle du pays ou à celui d’une de ses unités constitutives, la région dans le cas présent. Elle se fonde également sur la légitimité de ses responsables au travers du vote massif des électeurs, à l’instar de ce qui s’est produit lors de l’élection présidentielle de 2007.

Le déni de vote constitue une défaite pour notre démocratie. Il traduit un désarroi à multiples facettes :

- par rapport à la politique menée, avec son cortège de réformes mal expliquées et mal comprises, lesquelles se soldent, dans l’immédiat, par l’absence de résultats significatifs, de nature à améliorer le quotidien des Français.

- par rapport à la crise et à ses effets, dont la stagnation des salaires et la diminution du pouvoir d’achat, le renforcement d’un chômage de masse et de la précarité qui en résulte.

- par rapport à un accroissement continu des inégalités, encore mis récemment en évidence par le constat de l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques dans son dossier annuel sur « Les revenus et le patrimoine des ménages », publié le 1er avril – malheureusement pas un « poisson » !

Nos concitoyens ont indéniablement perdu confiance en leurs représentants. Ils doutent de la capacité de ces derniers à élaborer et mettre en œuvre des réponses adaptées et efficaces pour sortir du marasme ambiant. Ils constatent qu’au-delà des rodomontades, les « puissants » qui nous gouvernent sont impuissants à mettre fin aux désordres qui minent notre société, à commencer par les désordres financiers.

Il est urgent pour les centristes de travailler à un nouveau projet politique, qui implique la participation des citoyens et une démocratisation accrue de la vie politique, qui fasse vivre des orientations à la fois libérales et sociales, des visées à la fois nationales et européennes, qui promeuve son fonds de valeurs humanistes et républicaines.

A l’écoute de nos concitoyens et avec eux, les centristes ont l’impérieuse obligation de contribuer à refonder le « contrat social » de la Nation.

03/04/2010

Une coopération prometteuse entre enseignants nîmois et anglais.

Le mardi 30 mars 2010, j’ai eu le plaisir d’accueillir, à l’Hôtel de Ville de Nîmes, en ma qualité d’adjoint au maire délégué à l’éducation, quinze enseignants anglais du Buckinghamshire, qui se destinent à l’enseignement du français, et leurs homologues français, dont quatorze professeurs des écoles travaillant dans neuf écoles de la ville et un de leurs collègues de Pompignan, village aux portes des Cévennes.

Comment ne pas être satisfait que ces écoles et enseignants nîmois participent à cette opération de coopération, qui concrétise des accords institutionnels noués en 2006 entre le Buckinghamshire et l’académie de Montpellier. Si la ville de Nîmes apporte pleinement son soutien à ladite action, c’est qu’un tel échange s’inscrit totalement dans ses priorités éducatives.

Parmi ces dernières, la Ville en a deux qui concernent l’échange considéré :

1. Favoriser l’apprentissage des langues et les partenariats avec d’autres pays européens. Cette ambition se fonde sur un double constat : la richesse patrimoniale de Nîmes et du Gard, qui attire de nombreux touristes, notamment étrangers ; la faible maîtrise des langues par nos concitoyens, en particulier de l’anglais.

Cet accompagnement passe, entre autres ressources, par la création d’espaces numériques dans les écoles, équipements qui favorisent les échanges, via le courrier électronique, et la communication en direct, via la visioconférence.

2. Développer des approches multiculturelles et ouvrir l’esprit des jeunes Nîmois à d’autres modes de vie, d’autres traditions – dans une terre fortement marquée du sceau de ses propres traditions, folkloriques, tauromachiques, etc. – l’ouvrir à d’autres formes de pensée et de visions du monde.

Forger des esprits curieux, ouverts, respectueux des autres, implique que les enseignants apprennent à se connaître et à partager certains éléments de leurs cultures respectives. C’est dans cette perspective que la Ville a facilité la découverte, par les enseignants anglais, du patrimoine historique et culturel de Nîmes, ainsi que l’accès au Pont du Gard, monument prestigieux, emblématique de la romanité.

L’une des ambitions éducatives de la ville de Nîmes est de contribuer à l’instauration de liens solides et durables entre maîtres et élèves des deux régions pour le développement d’échanges qui favorisent un apprentissage et un usage naturels de la langue du voisin.

C’est avec cette même volonté que sont soutenues d’autres actions de partenariat d’écoles nîmoises avec des écoles étrangères : le partenariat européen de l’école de La Gazelle, en anglais, avec l’Italie, la Hongrie et l’Angleterre ; le premier échange, récent, avec des directeurs américains (New York) auquel a participé l’école de l’eau Bouillie.

Je ne manquerai pas d’encourager et d’accompagner de telles opérations, en lien étroit avec l’Inspection académique du Gard et la Délégation académique aux relations européennes, internationales et à la coopération. Il y va à la fois du renforcement et de l’approfondissement de la construction de l’Union européenne, de l’avenir de nos enfants et de notre pays.