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15/12/2010

Anonymat et lâcheté...

La communication de ces premières années du XXI° siècle connaît une véritable révolution, générée par les technologies numériques et les réseaux mondiaux, en particulier par le développement exponentiel des réseaux sociaux. Des millions et des milliards de messages, de contenus et de formes multiples, circulent ainsi chaque jour sur la « toile ».

Ce phénomène planétaire s’accompagne de diverses dérives… et, parmi elles, la pratique des messages anonymes. Ceux-ci sont de plus en plus nombreux à être propagés, en réaction à des articles ou à des documents de toutes sortes, diffusés sur des sites de médias, de politiques, de professionnels ou de particuliers.

Si les grandes gestes de l’Antiquité ou du Moyen Age étaient réputées anonymes, c’est qu’elles étaient souvent le fruit d’une création collective doublée d’une tradition orale. Si le don anonyme est apprécié, c’est qu’il constitue la marque de la gratuité de l’acte, de la générosité de son auteur. Et il est agréable, pour des responsables d’association par exemple, d’en bénéficier.

Il n’en va pas de même du message anonyme. Il est en effet la négation de son auteur, qui abolit ainsi son identité. Et il est le signe du plus total irrespect pour celui, organisme ou personne, à qui il est destiné.
Le message anonyme est aussi le masque hideux de la lâcheté. Comme il est facile de se cacher sous ce masque pour prendre parti contre l’Autre. Comme il est facile de se moquer, de manifester de l’hostilité, voire d’invectiver, sous couvert de l’anonymat. Comme il est facile d’adopter une posture dont nul ne peut apprécier le degré de réalité et de sincérité – tel peut prétendre exprimer une certaine opinion alors qu’il appartient à une sensibilité, politique ou idéologique par exemple, radicalement différente de celle qu’il prétend soutenir.

Respectueux des autres et de moi-même, je ne saurais m’exprimer qu’à visage découvert – ni propos anonymes, ni propos prêtés à un pseudonyme – et je ne saurais répondre qu’à des interlocuteurs identifiés, quelque point de vue qu’ils expriment.
La parole libre, assumée et offerte à l’échange est l’une des forces de la démocratie. Respectons-la !

00:24 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0)

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