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04/02/2011

Réduire la violence scolaire

Le texte qui suit, produit par Jacques SIRBEN, avocat, est une contribution au débat qui aura lieu lors de la réunion thématique « EDUCATION – Civisme et formation », le jeudi 24 février 2011, à partir de 19 heures, au restaurant « Le Salon », 12 rue Condé à Nîmes.


La violence scolaire est à l’image de notre société.

Une étude récente démontre que l’irrespect est, à l’origine, la première forme de violence. Cet irrespect se traduit par un rejet de l’institution, puis par des passages à l’acte de plus en plus violents.

La lutte contre la violence scolaire doit-elle se limiter à une nouvelle formation des enseignants sur les questions de violence ? Ou à la création d’établissements de réinsertion scolaire (ERS), réservés aux élèves les plus perturbés (actuellement seuls onze établissements sont ouverts) ? Ou encore à la création d’équipes mobiles académiques de sécurité (EMAS), qui comptent aujourd’hui 484 membres (policiers et éducateurs ?

Doit on également laisser seuls lutter contre la violence scolaire les proviseurs, les conseillers d’éducation et les surveillants, chargés du bon fonctionnement des établissements ? Alors que tout établissement scolaire est une communauté de vie entre adultes et jeunes. L’Ecole n’est pas seulement un lieu de transmission du savoir, mais également un lieu de transmissions des valeurs et des règles de vie en société

Les violences scolaires sont souvent étroitement liées à des difficultés familiales, sociales, et économiques.

Il est démontré (notamment aux Etats-Unis), que les caméras de surveillances, les portiques, bien qu’utiles, n’ont que des effets limités. Qu’il en est de même de la fouille des cartables, qui est très mal perçue par les élèves. Ces mesures ont parfois même pour conséquence d’entraîner un absentéisme scolaire, qui peut être synonyme d’exclusion sur le plan social et être générateur d’autres violences.

Les pays qui réussissent le mieux face à la violence scolaire sont ceux où la place des parents à l’école est la plus forte (notamment au Brésil). La lutte contre la violence scolaire ne doit donc pas se limiter à l’apport d’éléments extérieurs techniques, mais doit bien se situer au sein même de l’Ecole.

Les états généraux de la sécurité ont démontré que la priorité doit être donnée au facteur humain pour lutter contre la violence.

Ces mêmes études ont également démontré, en France, la rareté, voire l’absence de tout lien entre l’école et le tissu associatif local.

Ne laissons pas l’Ecole seule face à des actes de violence inhérents à notre société. Il nous appartient de mettre en place des cellules de dialogue et de réflexion auxquelles nous pourrions participer avec l’accord des chefs d’établissements et des enseignants, pour réagir à tous les actes d’incivilité, révélateurs de futurs actes de violence, avant de recourir à des procédures d’exclusion, souvent synonymes de marginalisation.

La famille centriste à laquelle nous appartenons doit rester fidèle à ses valeurs d’humanisme et de responsabilité. Elle doit exiger que tous les moyens financiers soient débloqués pour que soient mises en place des structures de dialogue et d’accueil, ouvertes à la société civile, celles-ci visant à réduire, avant qu’il ne soit trop tard, les premiers actes d’incivilité, afin que ces derniers ne se traduisent par des actes de violence scolaire, puis par des actes de délinquance.

Il nous appartient également de dire que ce coût serait bien inférieur aux conséquences sociales, humaines, parfois irréversibles, d’une jeunesse qui sombre dans la délinquance.


Ne tournons pas le dos à l’Ecole, qui nous a tous formés.


Jacques SIRBEN

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