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24/02/2011

Education: civisme et formation...

DSCF3240.jpg1. DES INCIVILITES ET ACTES DE DELINQUANCE EN HAUSSE

La réunion est introduite par la présentation de quelques données statistiques relatives, pour l’année 2010, aux incivilités et faits de délinquance à l’échelle nationale - 33,9% des atteintes aux biens, 44 % des violences physiques (41,9 % en 2009) et 52 % des vols avec violence commises (+ 10 %, souvent à proximité des établissements scolaires) par des mineurs ; augmentation de la part des violences verbales et des atteintes à la sécurité dans les collèges : de 14 % à 20 % en 3 ans en matière d’atteinte aux biens et à la sécurité – et à l’échelle départementale – 1 223 mineurs arrêtés en zone police dans le Gard; 719 poursuites (de l’admonestation à la peine de prison, 3 à 4 par mois) concernant 931 mineurs.

Cette présentation est complétée par une évocation de la situation nîmoise telle qu’elle est perçue par les habitants – points de vue exprimés lors des visites en porte-à-porte. Sont notamment évoqués les comportements de jeunes dans les transports, certains propos et attitudes inacceptables, ainsi que divers comportements tout aussi insupportables aux abords des collèges : incivilités et trafics multiples ; pressions vis-à-vis de certains publics… en particulier à Feuchères, en raison à la fois de la taille importante du collège, de la proximité des gares ferroviaire et routière, ce qui génère des rassemblements importants.

Cette introduction s’achève par un rapide inventaire d’hypothèses explicatives de la situation actuelle : « désacralisation » de l’école et culture de « l’enfant roi » ; diminution du respect des enseignants dont la position sociale a régressé et remise en cause de toute forme d’autorité ; dévaluation des cours liée à la diversité des sources d’information, à leur facilité d’accès et à leur à caractère ludique ; absentéisme peu ou pas sanctionné ; impunité générale, la sanction étant souvent vécue comme une incongruité ; difficulté d’appropriation des règles pour des raisons culturelles ; inadaptation du fonctionnement de l’Ecole à l’évolution de la population scolaire ; lourdeur de certaines procédures, comme celle relative à la mise en œuvre du conseil de discipline ; etc.


2. DES JEUNES EN SOUFFRANCE DANS UNE SOCIETE VIOLENTE

Les participants présents partagent ce constat comme les causes à la fois complémentaires et croisées de la situation.

Plusieurs personnes regrettent que les incivilités et actes de délinquance, les premières constituant souvent les prémices des secondes, ne soient pas suffisamment prises en compte par les institutions, notamment l’institution judiciaire, ce qui contribue à les banaliser et à renforcer le sentiment d’impunité de trop nombreux jeunes.
Est posée, en ce début d’échange, la question de la reconnaissance des victimes, en particulier par la Justice. Cette reconnaissance constitue l’une des conditions sine qua non de leur prise en considération et de leur accompagnement. Elle les aide aussi à faire le nécessaire travail psychologique qui permet le dépassement du traumatisme vécu.

L’une des participants souligne le lien entre l’incivisme et les actes posés par des adolescents de plus en plus jeunes et la société violente dans laquelle ils vivent. Ces violences multiples génèrent de la souffrance chez de nombreux jeunes et adultes. Elles amplifient, chez les plus fragiles, les processus de déstructuration et d’exclusion. Certains, fort heureusement minoritaires, manifestent leur souffrance par des actes de mutilation, voire par le suicide ; d’autres, beaucoup plus nombreux, commettent des actes de dégradation, de délinquance ou de violence, s’en prennent à divers symboles, comme ceux de la richesse, réelle ou supposée, et du pouvoir.
Il est regretté, à ce moment de l’échange, la disparition de la mission de « défenseur des enfants », laquelle a été intégrée dans une mission plus large de défense des droits de l’Homme.

Le débat porte alors sur le rôle de l’Ecole dans sa mission de prévention. Et certains participants s’accordent à penser qu’il s’avère nécessaire de former les enseignants à la lutte contre les actes de délinquance, d’une part afin qu’ils gèrent efficacement les tensions au sein de leur établissement ou de leur classe, d’autre part pour qu’ils sensibilisent leurs élèves aux conséquences négatives des incivilités, des actes de délinquance ou de violence, pour qu’ils exercent pleinement leur rôle d’éducation, en complément du rôle des parents, parfois pour compenser des déficits graves en matière d’éducation.
Mais tous considèrent que l’Ecole ne peut se substituer aux familles et assumer des responsabilités qui incombent fondamentalement à ces dernières. Il appartient par contre aux institutions et aux collectivités d’organiser l’accompagnement des parents démunis, à des titres divers, afin qu’ils puissent jouer leur rôle de parents et assurer l’éducation de base de leurs propres enfants.
Il convient en effet à la fois de restaurer l’autorité des parents et celle de l’Ecole, l’une ne pouvant s’exercer sans l’autre. Certains regrettent les leçons de morale de jadis, considérant qu’elles contribuaient à inculquer des valeurs, à donner des repères et à susciter une réflexion sur le « vivre ensemble ». Ces moments d’éducation morale et civique sont d’autant plus importants que les valeurs traditionnelles se perdent, que les familles se décomposent et se recomposent, que beaucoup d’adultes ne donnent pas « le bon exemple » - papiers jetés dans la rue ; excréments de chien non ramassés (malgré les sacs mis à disposition) ; excès de vitesse et non respect de stop ou de feu rouge ; etc.).

L’échange se poursuit sur la mise en œuvre du couple prévention/sanction. Quand l’action éducative trouve ses limites ou échoue, il est indispensable que la sanction prenne le relais. Aucun acte d’incivilité ou de délinquance ne devrait rester impuni, à la mesure de la faute commise.
Il est à ce propos rappelé la mission que le Président de la République a confiée au député Yvan LACHAUD sur le traitement de la délinquance des mineurs. Le rapport considéré sera remis en mai 2011 au Chef de l’Etat ; et certaines mesures pourraient faire l’objet d’un projet de loi. Les participants sont également informés de la création, au sein de la collectivité nîmoise, du conseil des droits et devoirs des familles, dont l’un des enjeux est l’accompagnement des parents d’enfants ou adolescents qui posent des problèmes lourds, y compris en terme d’absentéisme. Ils le sont aussi de l’existence, à Nîmes, d’une « maison des adolescents », qui est ouverte depuis juin 2010 et accueille, selon une répartition relativement équilibrée en trois-tiers, des adolescents, des familles et des partenaires (professionnels, institutions, associations).

Au terme d’un échange riche de plus d’une heure et demie, une participante fait état de l’action menée par Madame VERSINI, dernière « défenseure des enfants », et des propositions qu’elle a énoncées à l’attention du Président de la République, notamment pour rompre l’isolement des enfants et adolescents dits « violents », l’isolement des enseignants en butte aux comportements incivils, voire violents, de certains de leurs élèves, notamment dans des collèges ou des lycées professionnels, l’isolement des parents de jeunes délinquants.
Elle donne lecture d’un extrait de rapport de la « défenseure des enfants », relatif à l’histoire d’un jeune « multi-fracturé » - sa crise et son désespoir, sa solitude, le caractère implacable de procédures administratives qui éloignent de solutions adaptées et peuvent conduire au pire.


3. UNE AMORCE DE PROPOSITIONS

Il résulte de l’échange quelques propositions, qui demandent évidemment à être approfondies et complétées :

- Restaurer l’autorité dans les établissements : une urgence absolue – revoir les règlements intérieurs; redonner aux élèves leur places d’adolescents; sanctionner les délinquants notoires; réformer l’ordonnance de 1945; responsabiliser les familles.

- Faire de l’Ecole un « espace sacré », qui soit un ascenseur social – rétablir la culture de l’effort; redonner du sens à la note de vie scolaire; mettre un terme à la dévaluation des diplômes; mettre en place une politique réaliste et raisonnée d’orientation (par choix et non par défaut).

- Intégrer dans la formation des enseignants une composante sur la prévention et le traitement des incivilités, des actes de délinquance et des violences.

- Accompagner les parents dans l’exercice de leur rôle d’éducateurs et les aider à repérer et à traiter les comportements déviants de leur(s) enfant(s).

21/02/2011

Commerces: attractivité et fragilités

commerces,cantonales,réunions thématiquesAprès une brève présentation, données statistiques à l’appui, de la situation actuelle du commerce de centre ville, les échanges, qui ont duré environ une heure et demie, ont porté sur trois points qui peuvent être synthétisés comme suit : la communication ; les principaux problèmes ; les conditions d’attractivité.

1. UN DEFICIT DE COMMUNICATION

Les commerçants présents ont déploré le manque d’écoute des responsables concernés de la Ville de Nîmes et de la Communauté d’agglomération de Nîmes Métropole à propos des travaux du TCSP, certains soulignant, non leur opposition à ce projet, mais le choix contestable de l’engager par la ligne nord-sud plutôt que par la ligne est-ouest, qui aurait desservi des secteurs d’habitat plus dense et aurait permis que les Nîmois s’approprient le sens de ce mode de transport avec l’installation d’un tramway sur rail.
L’une des commerçant(e)s a d’ailleurs insisté sur le fait que Nîmes a au moins dix ans de retard en matière de transports collectifs de type « tramway » et que cette réalisation était indispensable. Et elle a ajouté qu’il faudra encore dix ans pour que les Nîmoises et les Nîmois reviennent vers les commerces de centre ville, sous réserve que des actions dans ce sens soient entreprises.
commerces,cantonales,réunions thématiques
Ils ont aussi regretté, malgré tous les panneaux mis en place et l’existence de la Maison des Grands Travaux, le déficit de communication directe et une non prise en compte des problèmes quotidiens auxquels ils sont ou vont être confrontés, en particulier dans un contexte d’affaiblissement des commerces du centre ville.

Ils attendent une écoute plus attentive et une plus grande empathie des « politiques ».


2. DES PROBLEMES LOURDS AU QUOTIDIEN ET DANS LA DUREE

Les commerçants ont soulevé plusieurs problèmes majeurs, qui ne manqueront pas d’avoir un impact économique lourd :
- La difficulté d’accès en centre ville de la clientèle, dissuadée par les embarras croissants de circulation.
Il a été suggéré l’organisation de navettes gratuites ou à très bas tarif pour amener les gens de parkings installés à chaque entrée de la ville vers le centre ville.
- Le manque de places de stationnement dans les rues voisines du centre, voire dans les parkings, notamment le samedi, et le coût du stationnement, sans mesure incitative, sauf pour le parking des Halles.
- Les incivilités croissantes et l’insécurité générée par la multiplication des vols, des trafics en tous genres, des dégradations de véhicules, des agressions verbales et physiques, qui provoquent une diminution de la fréquentation du centre ville et de ses commerces, en particulier dès la nuit tombée.
Trop de commerçants victimes de la délinquance ne portent pas plainte, arguant de temps d’attente trop longs au commissariat, ce qui nuit à une appréhension réelle des délits perpétrés.
-Le coût élevé du foncier et la cherté des loyers en centre ville, ce qui a des effets sensibles sur la taille des commerces, y compris en terme de superficie des locaux commerciaux.

Ils ont également posé des problèmes plus spécifiques mais non moins essentiels :
- L’impossibilité pour les cars de tourisme de stationner en centre ville, ce qui ne manquera pas de détourner les « tour opérators » vers d’autres villes.
Un commerçant a fait remarquer, non sans humour, que, pour un touriste japonais, les arènes d’Arles ou les arènes de Nîmes, c’est la même chose, l’essentiel étant de voir des arènes et de rapporter des souvenirs d’arènes !
- La non indemnisation de la destruction d’une des vérandas du boulevard Amiral Courbet.


3. QUELQUES CONDITIONS POUR UNE ATTRACTIVITE RETROUVEE


Lors de ces échanges très riches, diverses réflexions ou propositions pour l’avenir ont été formulées :
- Inscription de l’activité commerciale dans un ensemble urbain dont il convient de traiter, selon un approche globale, et sur la base d’un projet à moyen et long termes, divers axes croisés et complémentaires, tels que l’habitat, l’environnement, la culture, etc.
- Recherche d’un équilibre entre les activités commerciales de la périphérie et celles du centre ville.
- Réactivation du projet de l’îlot Poste/EDF afin de restaurer des flux dans une ville qui risque d’être partagée en quatre secteurs par le TCSP tel qu’il a été configuré.
Et positionnement de la Coupole comme « moteur de l’activité », comme pôle d’attraction commerciale.
- Création d’une animation multiforme, qui ne se limite pas à des événements, même si ceux-ci sont importants, mais qui s’inscrive dans la durée.
- Mise en place d’une signalétique touristique qui ne se réduise pas aux panneaux traditionnels, là encore importants mais insuffisants – exemple de circuits thématiques visualisés au sol.
- Présence dans les rues de référents de type « ambassadeurs de ma ville », qui informent et aident les visiteurs.
- Accroissement de l’amplitude d’ouverture des commerces, notamment dans l’intervalle de midi et à l’occasion d’événements forts – exemple des « Jeudis de Nîmes ».


Il va de soi que ces pistes de réflexion sont ouvertes et qu’elles pourront être portées, sous la forme de projets, vers les responsables du développement économique des différentes collectivités concernées à l’échelle régionale, dont le Conseil général du Gard.

06/02/2011

Pensée simpliste et leurre frontiste

"Dans le tract qu’il vient de distribuer dans le cadre des élections cantonales, intitulé « REPUBLIQUE OU ISLAMISME – IL FAUT CHOISIR ! », le Front National abuse les Nîmoises et les Nîmois à un double titre, parce qu’il se trompe d’élections, parce qu’une fois de plus il joue sur les affects et sur les peurs.

Le Front National se trompe d’élections car les propositions formulées ne relèvent pas des compétences d’un conseil général mais de choix politiques à l’échelle de la nation.
Si l’on considère, à titre d’exemple, la première proposition, relative à une modification constitutionnelle, sa mise en œuvre exige la tenue d’une séance exceptionnelle du Parlement réuni en Congrès. Les interdictions ou autorisations de financement de lieux de culte énoncées dans les autres propositions ne peuvent que s’inscrire dans le champ de la loi, ce que précise d’ailleurs le tract – « selon des règles strictes et encadrées par les lois françaises ».
Les responsables du Front National n’ignorent évidemment pas les divers niveaux de compétences. Mais il est tellement plus simple de poser une problématique nationale que de se confronter aux préoccupations quotidiennes des habitants d’un quartier, d’un canton, d’une ville, de s’employer, dans le cadre d’un projet pour le territoire local, du canton au département, à répondre aux attentes de celles et ceux qui y vivent, à rechercher des solutions concrètes aux problèmes posés.
Agir ainsi, c’est se dédouaner de toute responsabilité locale, c’est renvoyer les prises de décision au niveau de l’Etat. Mais nous sommes en 2011, année d’élections cantonales, non en 2012, année de l’élection présidentielle et des élections législatives, année d’enjeux nationaux majeurs !

il est tellement plus simple de poser une problématique nationale que de se confronter aux préoccupations quotidiennes des habitants

Le Front National joue une fois de plus sur les affects et sur les peurs. Il ne saurait être question de nier certaines réalités préoccupantes, qu’il importe de traiter dans le respect de tous. La France, pays de cette Révolution française qui a inspiré bien des peuples, pays des droits de l’Homme, a un impérieux devoir d’exemplarité dans sa manière de traiter les questions fondamentales de civilisation.
Sous l’apparence du bon sens, le Front National exacerbe les passions, alimente les peurs et propose des solutions aussi simplistes que populistes. Si « les lois de la République sont bafouées », il nous appartient, non d’en solliciter de nouvelles, mais de faire respecter strictement celles qui existent, de sanctionner toutes les atteintes à l’ordre public, quels que soient les fauteurs de troubles. Il nous appartient aussi, par tous les moyens légaux et institutionnels, de lutter contre les communautarismes et de travailler à la cohésion nationale. Certes, l’entreprise est difficile, d’autant que, par facilité ou négligence, bien des responsables, à tous les niveaux, ont laissé s’installer des situations inacceptables, lesquelles, de dérive en dérive, ont sapé les fondements du « vivre ensemble » et menacent l’unité d’une société riche de ses valeurs partagées en même temps que de ses différences. Cette entreprise n’en doit pas moins être impérativement menée, avec courage et détermination, avec respect et fraternité, ce si beau mot de notre devise républicaine trop souvent oublié.
Là encore, il est tellement plus simple de stigmatiser des groupes humains que de les amener, y compris par la contrainte de la loi et, si nécessaire, par la sanction, à s’approprier les valeurs et les principes organisateurs de la communauté nationale. L’histoire de la nation française atteste la prodigieuse capacité de notre peuple à tisser sans cesse des liens nouveaux et à se construire dans l’interaction permanente du connu et de l’inconnu, de l’existant et du nouveau, du même et de l’autre.


Si « les lois de la République sont bafouées », il nous appartient, non d’en solliciter de nouvelles, mais de faire respecter strictement celles qui existent, de sanctionner toutes les atteintes à l’ordre public, quels que soient les fauteurs de troubles


Voter Front National, comme nous y invite le tract considéré, serait accréditer un leurre et constituerait une erreur gravissime. Loin de régler des problèmes de société bien réels, ce serait aggraver une fracture inquiétante, au risque de l’éclatement de l’unité nationale.