Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog


21.03.2011

Remerciement à mes électeurs

Le scrutin du premier tour des élections cantonales, le 20 mars 2011, n’a malheureusement pas réservé de surprise : un taux record d’abstention – 55,68 % à l’échelle nationale (contre 35,12 % en 2008 et 36,09 % en 2004), 61,30 % dans le 4ème canton de Nîmes ; une poussée préoccupante du vote Front National – 15,56 % pour la France, 24,79 % dans le 4ème canton.

Ces deux phénomènes traduisent à la fois un malaise croissant des Français, plus encore des Nîmois, confrontés à des problèmes toujours plus aigus d’emploi, de niveau de vie, d’insécurité, et l’incapacité des responsables politiques à résoudre les difficultés majeures qui rendent notre quotidien de plus en plus compliqué. Les uns ont choisi l’évitement, alors que le vote, si chèrement acquis par nos anciens, constitue un puissant levier d’expression et de changement ; les autres se sont réfugiés dans un vote de protestation, pensant que certains leaders populistes et démagogues apporteront une solution à leurs difficultés. Dans les deux cas, il s’agit d’un leurre, qui évite de prendre les problèmes à bras-le-corps.

Le 4ème canton de Nîmes n’a pas échappé à ce mouvement de fond. Le candidat du Front National s’est classé en deuxième position, avec 24,79 % des votants, à moins d’un point du candidat de l’UMP.

Le Nouveau Centre, que je représentais, a recueilli 7, 31 % des voix. Je remercie chaleureusement les électrices et les électeurs qui partagent les valeurs que j’ai incarnées et les priorités que j’ai souhaité promouvoir.

Je continuerai à travailler de la sorte pour que vous soyez de plus en plus nombreux à entendre le message centriste. A cette fin, il importe de poursuivre les échanges souvent riches que j’ai eu la chance d’avoir avec de très nombreux habitants.

Parallèlement, le Nouveau Centre œuvrera, tant à l’échelle nationale que locale, au rapprochement et au rassemblement des composantes de la grande « famille » centriste. Les Nîmoises et les Nîmois, comme les Françaises et les Français, doivent pouvoir exprimer, y compris au sein de la majorité présidentielle, des opinions et points de vue différents, des sensibilités particulières, au risque, mortifère, de sombrer dans une pensée encadrée et stérilisante.

Je veux vous remercier bien chaleureusement, cher(e)s électrices et électeurs qui avez jugé mes orientations pertinentes et m’avez accordé votre confiance. Nous poursuivrons ensemble le combat pour la défense de nos valeurs et de nos idées.

Je vous remercie également, au second tour de ces élections cantonales, de voter pour Laurent BURGOA, le candidat de la majorité présidentielle.

Nîmes, le 21 mars 2011

Jacky RAYMOND
Fédération du Gard
du Nouveau Centre

Réaction au premier tour des élections cantonales

Premier constat dans ces élections : une participation particulièrement faible qui dénote le manque d’intérêt de nos concitoyens à l’égard de ce scrutin.

On doit constater un score important du Front National sur l’ensemble du département, y compris sur Nîmes, qui doit nous rendre plus attentifs au mécontentement des gardois sur un certain nombre de thèmes que nous nous devons d’entendre, notamment la précarité et l’insécurité.

Notre majorité est souvent absente au second tour de ces élections dans ce département et nous ne pouvons que le regretter.

Nous soutiendrons naturellement les candidats de la majorité présidentielle au second tour dans les cantons 4 et 5 sur Nîmes, ainsi que sur Uzès, Vézenobres et le Grau du Roi.

Nous avons cependant le regret, malgré nos multiples appels à l’union sur Nîmes, de ne pas avoir été entendus, ce qui aurait permis à un candidat de la majorité présidentielle, d’être présent au second tour sur le troisième canton.

Notre majorité est plurielle, elle ne peut gagner que dans le respect de toutes ses composantes.

15.03.2011

Prévention et traitement de la sécurité

Lundi 14 mars 2011, Restaurant « Le Cheval Blanc » NIMES

La réunion est conduite par Jacques SIRBEN, avocat, directeur de campagne, qui présente le « grand témoin » de la soirée, le Président Régis CAYROL, Commissaire de police pendant quinze ans, juge d’instruction à Alès puis Nîmes pendant dix-huit ans, qui a été Doyen des juges d’instruction, aujourd’hui Président de la Cour d’assises de Montpellier, homme de grande notoriété, réputé à la fois pour son humanisme et sa sévérité, pour sa finesse de jugement et son franc-parler.

Jacky RAYMOND ouvre la soirée par un rappel des réunions thématiques déjà tenues, dont les comptes rendus synthétiques figurent sur son blog – http://jackyraymond.blogs.midilibre.com/. Et il rappelle à grands traits les enjeux du débat sur la sécurité et les principales problématiques qui émergent des discussions avec les Nîmois(es) qu’il a rencontré(e)s. Ces dernier(e)s sont nombreux à éprouver, dans tous les secteurs du territoire, un très fort sentiment d’insécurité.

Jacques SIRBEN introduit la réunion par une présentation statistique des faits de délinquance et de violence, en France, dans le Gard et à Nîmes, en prenant appui sur un diaporama – qui peut être consulté sur le blog de Jacky RAYMOND.
En matière d’atteinte aux biens, le Gard compte parmi les départements qui ont les taux les plus élevés pour diverses catégories de faits, notamment de vols et de cambriolages, faits qui sont le plus souvent en augmentation, à l’exception des braquages et vols à main armée, des destructions de biens. Et la part des vols commis par des mineurs ne cesse d’augmenter. Même si de très nombreux délits sont considérés comme mineurs, les délits graves restant fort heureusement réduits en volume, cette situation génère un sentiment fort et croissant d’insécurité.
S’agissant des atteintes aux personnes, le Gard reste également très affecté par les délits commis. Si les violences sexuelles tendent à diminuer, les violences physiques dites « crapuleuses » sont en augmentation.

L’échange s’engage sur le constat d’un participant : beaucoup de gens victimes de délits ne portent pas plainte.
Le Président CAYROL réagit à cette présentation et à l’observation en attirant l’attention sur la véracité et l’interprétation des chiffres, qui doivent à la fois être pris en considération, en particulier par les tendances d’évolution qu’ils traduisent, et être relativisés. En effet, en raison du choix de certaines victimes de ne pas porter plainte, notamment parce que l’attente dans les commissariats est souvent longue, et des policiers ou gendarmes de transformer en « mains courantes » des demandes de dépôt de plainte, voire de ne rien enregistrer (plaintes réservées aux faits graves), les données ne reflètent qu’une partie du réel. Il indique également que la réduction des effectifs de la police nationale entraîne ipso facto une diminution du nombre des plaintes déposées.
Jacques SIRBEN ajoute que le « chiffre noir », celui des gens qui ne veulent pas porter plainte est en effet en accroissement constant.
Le Président CAYROL souligne par ailleurs, usant d’une métaphore météorologique – une température canadienne de -20° ressentie -31° –, que le « ressenti » des gens est plus fort que la réalité.

Il fait état de ce qu’il considère être l’état de décrépitude de notre société et attend des responsables politiques, en particulier à l’échelle nationale, qu’ils écoutent davantage les enseignants, qui ont une connaissance approfondie des mouvements de la société et ont une approche anticipée des phénomènes de fond de l’ordre d’une dizaine d’années.
Il termine sa première intervention par trois propositions, qui doivent s’inscrire dans une approche globale :
- Remettre des policiers dans les commissariats et dans les rues.
- Réinventer la cellule familiale, trop de familles, éclatées ou non, étant impuissante à assurer l’éducation de leur(s) enfant(s).
- Développer la solidarité entre les gens, dans une société où trop de personnes, ne voulant pas d’ennuis, restent claquemurées chez elles.

Un participant s’interroge sur le lien possible entre les taux de vols et d’agressions et certaines caractéristiques sociologiques comme la proportion plus élevée de personnes âgées ou la faiblesse du niveau de vie. Rien, dans les données actuelles, ne semble pouvoir corroborer une telle affirmation.

Un autre évoque la décision de certaines communes, en déclin démographique, notamment dans le sud, de mener une politique d’installation sur leur territoire de populations défavorisées, confrontées à d’importantes difficultés économiques et sociales.

Un autre encore témoigne de l’inquiétude de nombreux commerçants, qui regrettent l’absence d’une police de proximité, ce qui serait de nature à rassurer les clients, à favoriser le dialogue avec eux, donc à mieux connaître les problèmes et leurs causes.
Interpellé à ce sujet, le Président CAYROL se déclare favorable à une police de proximité. Il prône le retour à des résultats comparables à ceux enregistrés avant les réductions drastiques d’effectifs.
Et, interrogé sur les « dérapages » de la Justice, il tient à affirmer haut et fort que les juges sont des gens sérieux, qui travaillent avec détermination et humilité à la recherche de solutions.

La mère d’une collégienne témoigne de la situation tout aussi difficile qu’inacceptable endurée par sa fille de 15 ans, agressée quatre fois en quelques semaines par une autre adolescente du collège prise en charge dans un foyer. Ces agressions résultent du refus de la victime de la « loi du groupe » que voulait lui imposer l’auteur des faits, véritable chef de bande. La mère a sollicité le chef d’établissement, qui s’est refusé à intervenir, au motif que les faits considérés s’étaient déroulés en dehors du collège.
Jacky RAYMOND rappelle d’abord l’existence, pour chaque établissement du second degré, d’un « policier ou d’un gendarme référent ». Il est indispensable que les parents d’élèves, en particulier leurs représentants – ce qui a été le cas de cette mère d’élève – en soient informés.
Il considère ensuite que des actes de violence commis par des élèves sur le trajet entre le domicile et l’établissement devraient être traités au même titre que des actes commis dans l’enceinte des collèges et lycées. Le Président CAYROL acquiesce et établit une comparaison avec les accidents qui surviennent entre le domicile et le lieu de travail et sont considérés comme des accidents du travail. Jacky RAYMOND suggère que la loi et les textes réglementaires en vigueur évoluent en ce sens. Il soumettra une proposition en ce sens aux parlementaires gardois.
Il souligne enfin qu’il convient de faire un usage approprié, sans en abuser, du conseil de discipline, lequel doit fonctionner selon les principes fondamentaux du droit. Les premières sanctions applicables à des élèves relèvent de l’établissement.

Jacques SIRBEN et le Président CAYROL évoquent le manque de moyens de la Police et de la Justice, ce qui produit un double effet : des dossiers sont classés sans suite et des mesures ne sont pas prononcées ; des mesures prescrites ne sont pas mises en œuvre. Ils insistent ensuite sur la question des conflits de compétences entre Juge des tutelles (Justice) et Aide sociale à l’enfance (Conseil général) qui stérilisent l’action de ces instances.

L’un des participants regrettant qu’aucune leçon ne soit tirée des expériences acquises, le Président CAYROL ironise en disant que « l’expérience est une lanterne qui n’éclaire que le passé ».

Est alors posée la question de « l’entrée » dans la délinquance : quand et comment devient-on délinquant ?
Jacques SIRBEN rappelle les mesures susceptibles d’être prises selon les tranches d’âge, en application des lois en vigueur. Et il donne des précisions sur les taux d’incarcération des mineurs délinquants selon les pays – 14 % d’incarcération de ces mineurs aux Pays-Bas en 2010, 6 % au Portugal, 1% en France – ce qui donne l’impression d’une Justice laxiste..
Le Président CAYROL précise que des lois sont votées et promulguées sans que les textes d’application soient toujours pris. Et il ajoute que, trop souvent, les institutions et familles d’accueil manquent à leurs obligations, au regard des mesures prises, vis-à-vis des mineurs délinquants. Il invite les participants à réfléchir sur la visée d’une « société apaisée » car, selon lui, « une société apaisée n’a pas besoin de répression. »

Une participante condamne les suppressions de postes dans l’Education nationale, en particulier ceux de surveillants. Une ancienne représentante de parents d’élèves souligne que, si l’effectif de conseillers d’éducation et de surveillants est une donnée importante, elle n’est pas suffisante et qu’il est impératif de recruter des professionnels de la vie scolaire (et non des contrats aidés).

Yvan LACHAUD, député du Gard, qui s’est vu confier une mission sur le traitement de la délinquance des mineurs, intervient alors pour affirmer le rôle majeur des familles, dont certaines défaillantes, dans une société qui fabrique des « cabossés de la vie ». Il indique que la délinquance est inégalement répartie sur le territoire français et que la situation est catastrophique à Nîmes. Les personnes âgées comme les jeunes expriment leur exaspération parce qu’il leur est de plus en plus difficile de circuler en ville en toute liberté et sécurité, la nuit mais aussi le jour.
Il dénonce le manque de courage de trop d’élus, qui n’ont pas pris les mesures nécessaires. Il dénonce également certains propos de stigmatisation de la communauté maghrébine, soulignant que nombre de Maghrébins sont eux-mêmes révoltés par l’absence de mesures sévères à l’encontre de ceux qui ne respectent pas les lois de la République française.
Ce qui est insupportable pour les gens, c’est de retrouver le lendemain ou le surlendemain celles et ceux qui les ont agressés. Le défaut de contrôle judiciaire est dramatique. Il est fondamental que les mineurs délinquants comprennent l’exemplarité de la sanction, condition indispensable à un changement radical d’attitude, à une remise de ces jeunes sur de « bons rails ».
Aussi, sans trop anticiper sur les conclusions de son rapport, prône t-il déjà plusieurs mesures :
- l’expérimentation de centres éducatifs fermés dans les départements les plus touchés par la délinquance – par exemple les Bouches-du-Rhône, le Gard, le Nord, la Région parisienne ;
- l’implantation de centres ouverts ;
- l’usage de bracelets électroniques (15 € par mois) pour un contrôle judiciaire effectif (pas de liberté de circulation) ;
- la mise en place d’équipes de cinq à dix policiers spécialisés dans le suivi des mineurs délinquant.
Il insiste, pour finir, sur le rôle majeur de l’Ecole, ajoutant que celle-ci ne peut pas tout faire, que les enseignants ne sont pas des éducateurs (dans l’acception professionnelle du terme).

Une participante tient à dire que s’il est important de parler des enfants et des jeunes, il ne l’est pas moins de souligner les actes inacceptables de nombreux adultes, qui manquent de la politesse la plus élémentaire. Et elle en donne quelques exemples qui attestent la difficulté du « vivre ensemble ».

La réunion s’achève par la présentation, par Jacques SIRBEN, de quelques chiffres sur le coût du crime et de la délinquance – volume global de 115,3 milliards d’euros.

Jacky RAYMOND remercie chaleureusement les deux « grands témoins » de cette soirée, le Président Régis CAYROL et le député Yvan LACHAUD.
Il propose, compte tenu du nombre de participants, de l’intérêt manifesté par le débat, des problématiques non encore abordées, de prolonger les échanges le mercredi 16 mars, 19 heures, à sa permanence du 14 rue Notre Dame.

Nîmes, le 15 mars 2011

07.03.2011

Solidarités: dépendances et accompagnement

07 mars 2011 – Espace Tombereau, 14 rue Notre Dame à Nîmes


La réunion débat commence par la présentation de trois personnalités qui, compte tenu de leur expérience particulière, ont ensuite apporté dans le débat des données et des points de vue au regard des problématiques traitées : Madame GRAS, Conseillère municipale déléguée au Handicap, Madame JARROUX, Cadre supérieur de santé et bénévole d’une association au service de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, Monsieur NOUYRIGAT, président d’une association qui oeuvrent pour l’accessibilité des personnes handicapées.

Françoise FABRE ROUSSY, suppléante de Jacky RAYMOND, introduit la réunion et l’échange par quelques chiffres, notamment sur la part du budget du Conseil Général du Gard consacrée à la dépendance – 115 millions d’€ – et au handicap – 64 millions d’€ – ainsi que sur la progression du nombre de personnes dépendantes, de l’ordre de 50 % à l’horizon 2040. Elle évoque ensuite les principaux types d’accompagnement, à domicile et dans les établissements, rappelle la loi de février 2005 et les missions des maisons départementales des personnes handicapées, fait un point sur les allocations dont peuvent bénéficier les personnes qui perdent leur autonomie et deviennent dépendantes, en particulier l’APA (allocation pour perte d’autonomie).


1. Avec l’intervention de Gérard NOUYRIGAT, l’échange porte, dans un premier temps, sur l’accessibilité des personnes handicapées, condition indispensable de leur autonomie, et sur les progrès importants, malgré d’indéniables réalisations, qui restent à accomplir. Plusieurs participants soulignent, exemples à l’appui, le mauvais état de nombreux trottoirs, ce qui interdit le déplacement de personnes à mobilité réduite ou en fauteuil, l’incivilité de conducteurs qui stationnent en partie sur les trottoirs et gênent, voire empêchent, le passage, contraignant les piétons et handicapés en fauteuil à emprunter la chaussée, l’absence de continuité des parcours (trottoirs sans bateau, forte inclinaison à certaines sorties de garage, etc.).
Christiane GRAS donne, à ce stade de la discussion, quelques éléments sur l’action de la Ville de Nîmes en la matière : travaux réalisés ; augmentation significative du budget dédié à la voirie pour la réalisation de certains circuits.

Le débat porte ensuite sur l’accessibilité des immeubles et la nécessité de faire valoir la cause et le droit des personnes âgées, des personnes à mobilité réduite, des personnes handicapées auprès des propriétaires et des bailleurs – accès d’immeubles exclusivement avec des marches ; immeubles avec ascenseur à mi-étage, etc. Sont alors abordées des questions relatives à l’adaptation des logements : douches et sanitaires adaptés à la situation particulière du résident ; conception des espaces et mobiliers en fonction des besoins spécifiques de l’usager. Il est constaté, là encore, que des progrès considérables restent à faire.

En conclusion provisoire de ce moment d’échanges, Jacky RAYMOND souligne qu’il importe de « penser la ville » en fonction de ses habitants, de leurs besoins et de leurs usages, selon une approche globale et non au fil des demandes ou de situations particulières. Une telle vision implique une concertation approfondie de la Ville avec tous les acteurs concernés, dont les autres collectivités territoriales, les institutions compétentes, les associations d’usagers, les représentants des habitants.


2. Est abordée, dans un deuxième temps, la question des politiques menées, en particulier la question centrale du choix entre maintien à domicile de la personne isolée et en difficulté, de la personne en situation de perte d’autonomie ou placement en maison de santé médicalisée ou autre établissement adapté.

Madame JARROUX met à la fois en évidence le coût des établissements pour les résidents et leurs familles et la « souffrance » des personnels qui, en nombre insuffisant, doivent faire face à de multiples attentes en sachant qu’ils ne peuvent y répondre comme ils le voudraient et le devraient.

La solution du maintien à domicile, souhaitée par nombre de personnes concernées, nécessite à la fois un accroissement des aides financières du Conseil Général et la mise en place d’un dispositif d’accompagnement.
S’il est souligné l’importance du rôle de la famille, voire du voisinage – relation d’expériences du type « un senior, un jeune », le premier gardant par exemple l’enfant du second, celui-ci faisant des courses pour celui-là –, il est également dit avec force que la disponibilité familiale ou le réseau de voisinage trouvent rapidement leurs limites.
Plusieurs pistes sont évoquées : la redéfinition des missions des travailleurs sociaux ; la mise en place d’un complément de salaire et d’un module de formation pour le proche qui assure une fonction d’aide-soignant ; la création d’emplois spécifiques, de type auxiliaires de vie, pour l’accompagnement de personnes âgées isolées, de personnes en situation de handicap, avec coordination de ces personnels par une infirmière ou un médecin ayant une expertise en gérontologie ; toute autre formule s’inspirant d’expériences menées en France ou à l’étranger.


3. Le débat porte, dans un troisième temps, sur les causes de l’isolement, leur repérage et leur analyse constituant l’une des conditions requises pour une recherche optimale de solutions.

Les participants énoncent diverses causes : la faiblesse des retraites, qui rend toute activité onéreuse ; le délai intolérable de traitement de trop nombreux dossiers d’aide ; la difficulté de déplacement, accentuée par l’inadaptation de la plupart des transports collectifs ou l’état défectueux de la voirie ; l’insécurité dans la ville, générée par des groupes de jeunes vécus comme menaçants ; l’égoïsme et l’incivilité de nombre de gens ; le déficit d’animations de proximité, que ne sauraient compenser certains événements annuels, par ailleurs appréciés (exemple du « banquet des Aînés »).

Christiane GRAS rappelle le travail des centres sociaux, les facilités accordées par la Ville en matière de transports (carte de bus, chèque taxi, chèque « liberté »).
Plusieurs participants constatent que, malgré ces actions, de plus en plus de personnes se sentent isolées. Et ils insistent sur la nécessité de traiter les causes identifiées de l’isolement et de mieux accompagner les personnes fragilisées par la vieillesse ou le handicap.


En conclusion d’un échange très riche, Thierry PROCIDA met l’accent sur le rôle essentiel du conseiller général comme élu de proximité et comme facilitateur dans ce domaine fondamental de la solidarité à l’égard des personnes les plus fragiles et les plus démunies, qu’il s’agisse de fragilités sociales (précarité et pauvreté) ou de fragilités liées à l’âge, au handicap et à toutes les conséquences qui en résultent.

Jacky RAYMOND propose des pistes d’action : établir un nouveau diagnostic partagé pour construire un nouveau projet en matière de solidarités, projet qui prenne en compte les évolutions de la population et celles de notre société ; actualiser le schéma départemental des dépendances, dans ses composantes humaines, matérielles, financières, etc. ; mener une politique forte de communication afin que les personnes concernées et leurs familles disposent de toutes les informations nécessaires pour effectuer leur choix de vie ; optimiser le budget par une révision des répartitions internes de dépenses , une mutualisation de moyens, une réduction des dépenses de fonctionnement.

Nîmes, le 08 mars 2010
Michèle MEJEAN

01.03.2011

Environnement: Penser global, agir local

Un thème qui devient de plus en plus important pour les Nîmois, et ce à de multiples titres.

L’environnement, c’est un cadre de vie, c’est tout ce qui concerne la propreté, l’hygiène, l’entretien des rues. C’est une attente importante des Nîmois. On se souvient notamment que la campagne municipale de 2001 avait beaucoup porté sur l’insalubrité et la saleté des rues dans notre ville. Depuis, il y a eu de nombreuses améliorations, mais c’est un travail quotidien, qui coûte très cher à la ville et qu’il faut sans cesse renouveler.

L’environnement, c’est aussi une nouvelle façon de vivre sa ville. Les transports en commun, le logement, l’aménagement urbain sont autant d’enjeux structurants pour une ville et ses habitants et qu’il convient d’adapter aux nouvelles règles du jeu internationales.

Nouvelles, parce qu’évidemment l’environnement, ce n’est pas seulement du quotidien, c’est aussi un enjeu global, planétaire, un enjeu d’aujourd’hui pour un demain sauvegardé. Nous serons donc amené à parler Plan de Prévention des Risques d’Inondations, mais également gestion des déchets, de l’énergie, de l’eau, et plus globalement de l’adaptation de notre environnement immédiat aux grandes contraintes que nous sommes en train de voir émerger dans l’économie mondiale.

Evidemment, ces notions sont étroitement imbriquées les unes aux autres. Complexes parce que se situant à plusieurs niveaux d’intelligibilité, ces questions demandent évidemment des avis éclairés, en l’occurrence, ceux d’une experte, Hélène ALLIEZ-YANNICOPOULOS, Adjointe au Maire de Nîmes en charge du développement durable ; mais également le bon sens du citoyen, capable d’appréhender, en « spectateur impartial » comme disait Adam SMITH, les enjeux d’aujourd’hui et de demain et la meilleure façon d’y répondre.

Le défi de l’accroissement de la population nîmoise

Toutes les études démographiques le montrent, la population languedocienne augmente régulièrement du fait de son solde migratoire, et est appelée à progresser très rapidement au cours des deux prochaines décennies. Nîmes et son agglomération se trouvent en première ligne dans le défi que constitue l’accueil de ces nouvelles populations.

Un défi dans la gestion de l’habitat, mais également du cadre de vie, c’est-à-dire, dans la gestion des déchets, des transports, etc.

Des déchets à traiter, mais également à mieux gérer et à diminuer

Aujourd’hui, les Nîmois produisent, chaque année, 360 kg de déchets par habitant. Or, non seulement ce chiffre augmente, mais il faut également faire face à l’augmentation globale de la population.

La taxe d’enlèvement des ordures ménagères rapporte chaque année 6,5 millions d’€ et représente une charge de 43€ par habitant et par an. Ce n’est pas énorme, mais c’est une charge importante pour le budget de la ville.

Il faut dont aujourd’hui continuer à développer le tri sélectif, et le recyclage qu’il permet. Pour cela, il convient d’installer le plus grand nombre de conteneurs et de points de collecte, y compris en centre ville où de nombreux témoignages en soulignent le manque.

L’objectif, à terme, serait de transformer chaque quartier de la ville, en véritable « éco-quartier », tels que ceux que la ville de Nîmes est en train de concevoir.

La révolution des transports en commun à Nîmes

Si l’on peut s’interroger sur le choix qui privilégie l’axe Nord-Sud au détriment de l’axe Ouest-Est, il convient néanmoins « positiver » les situations. La création du TCSP est une nécessité, et toutes les villes de notre strate s’en dotent. Il est illusoire de penser que le « tout-voiture » a un réel avenir, compte tenu de l’évolution globale des matières premières au niveau mondial.

Sur la question « brûlante » du sort des arbres qui en longent le parcours, il convient de formuler plusieurs remarques. D’abord, sur les deux cents arbres « touchés » ce seront plus de la moitié qui seront replantés à la fin des travaux. Par ailleurs, ce seront 800 arbres supplémentaires qui seront plantés sur le parcours, notamment des arbres à « mouchoirs » qui poussent vite, et sont hypo-allergéniques, ce qui n’est pas négligeable à l’heure où les allergies se multiplient dans les villes.
Enfin, le TCSP, du fait des normes qui s’imposent, apporte un nouveau confort, notamment pour les personnes à mobilité réduite, qui verront enfin un transport en commun accessible à Nîmes.

Une pression immobilière maîtrisée

Dans le 4ème canton de Nîmes, la construction d’immeubles collectifs dans des zones pavillonnaires traditionnelles illustre la pression immobilière de notre région. Pour les habitants de ces secteurs, ce n’est pas sans inquiétude que l’on voit surgir à proximité de son jardin un immeuble R+2 ou R+3, ce qui crée des problèmes de vis-à-vis et de « zone froide », mais aussi de stationnement. L’exemple de la rue Parmentier illustre bien quels déséquilibres peuvent subir des quartiers dans ce contexte.

Pour Jacky RAYMOND, il importe de définir un projet urbain qui pense la ville dans sa globalité, dans le cadre d’une réflexion générale, et non au gré des promoteurs immobiliers. De nombreux témoignages ont relaté des problèmes d’alignement de voirie et de trottoirs qui deviennent impropre aux normes légales. Il faut donc s’en ressaisir, ce d’autant plus que la Ville a démontré son savoir-faire dans le cadre de nombreux projets structurants, comme, par exemple, celui de la future école de Courbessac, qui sera bien intégrée dans son environnement.

La prévention du Risque Inondations à Nîmes et dans le Gard

Ce sont des chantiers « dantesques » qui sont entrepris par la Ville de Nîmes, avec l’Etat comme principal partenaire à défaut d’un partenariat important du CG30. Là encore, la densification de l’habitat et l’imperméabilisation des sols a rendu nécessaire une nouvelle appréhension des risques, et une meilleure gestion des flux hydrauliques.

Quel accompagnement du Conseil Général face au défi de l’accroissement démographique ?
Parler de logement, c’est aussi parler logement social, et c’est avec beaucoup de peine que le Conseil Général semble gérer son patrimoine et en créer du neuf. Au delà de la communication, c’est un manque de concret que ressentent beaucoup de nîmois en attente de logement social.
La plupart des grands dossiers ne sont traités qu’avec beaucoup de lenteur, au détriment des usagers.
S’agissant de la RN106, il est anormal que les deux villes principales du département, Nîmes et Alès, ne soient toujours pas reliées par une « deux fois deux voies »! Cela n’est pas sans étonner de nombreux visiteurs qui viennent dans le département.
Le projet de la Rocade Nord atteste la même attitude dilatoire. Le temps de latence du Conseil Général dans la conduite de ses projets est tel que nous sommes en droit de nous interroger sur sa vision du développement du département, notamment économique.

Penser global, agir local… pour préparer l’avenir

En guise de conclusion, un aspect essentiel a été bien illustré par Jacky RAYMOND pour proposer à nos concitoyens une politique apte à préparer l’avenir. Cet aspect, c’est celui de la réflexion globale et de la cohérence des projets que nous devons mener.
Nous ne pouvons plus, aujourd’hui, nous permettre de mener des projets qui n’aient pas été pensés dans leur durée, ni dans leurs conséquences concrètes sur la vie des habitants de notre département. Essentielle aux yeux du mouvement que nous représentons, le Nouveau Centre, la question de la précarité énergétique, centrale dans bien des domaines, comme l’environnement, le social, le logement, est une donnée qui, pour être prise en compte avec pertinence, mérite une réflexion approfondie sur nos projets. C’est bien le sens de l’engagement de Jacky RAYMOND qui, par sa rigueur intellectuelle et son sens de l’écoute, donne corps au principe même du développement durable : penser global pour agir local.

Toutes les notes