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24/10/2010

Au revoir Monsieur Freche...

Georges-Freche_9mars2008_Montpellier_afp.pngSi l’homme a beaucoup irrité par ses attitudes d’autocrate, ses dérapages verbaux et ses provocations, il a aussi beaucoup séduit par sa liberté d’esprit, son talent de tribun et son immense culture.

S’il a traité « sa » région Languedoc-Roussillon de façon bien inégalitaire – un comble pour un homme de gauche ! –, il a réalisé une œuvre considérable et remarquable pour Montpellier et l’agglomération montpelliéraine.

Comment ne pas saluer en lui le visionnaire, le bâtisseur, le politique courageux.

Il nous a surpris, une fois de plus,… par son départ précipité.

03/05/2010

Réforme des retraites et sens des responsabilités

Le « ballon d’essai » qui vient d’être lancé sur le recul à 63 ans de l’âge légal de la retraite suscite déjà de multiples réactions, dont beaucoup irresponsables. Faudra t-il un déficit public à la mode grecque, avec son cortège de mesures drastiques et impopulaires, pour que les Français prennent conscience de l’importance de l’enjeu ???

Sauf à sombrer dans la démagogie et l’irresponsabilité, comment continuer à refuser de réformer en profondeur un système de retraite qui a vu le jour à une époque où l’entrée sur le marché du travail se faisait entre quinze et vingt ans pour l’immense majorité des salariés, où les emplois caractérisés par une forte pénibilité représentaient une part importante du marché du travail, où la durée moyenne de vie était bien inférieure à ce qu’elle est aujourd’hui et où nombre de nos aïeux disparaissaient dans les quelques années qui suivaient leur départ à la retraite.

Aujourd’hui – et on ne peut que s’en réjouir –, les transformations économiques et sociales ont sensiblement modifié le contexte. Nos enfants sont nombreux à poursuivre leurs études plus longtemps (l’âge moyen de la scolarisation a été porté de 11,5 à 18,5 ans au cours du XX° siècle), et à s’engager plus tard sur le marché du travail. La durée moyenne du temps de travail s’est beaucoup réduite (d’environ 2 000 heures annuelles à la fin des années 50 à moins de 1 500 heures aujourd’hui). Les emplois, qui relèvent largement du secteur tertiaire, ne présentent plus la même pénibilité, même si l’évolution des conditions de production et de commercialisation des produits et des services est génératrice de formes de stress quasi inconnues précédemment. La durée moyenne de la vie s’est beaucoup allongée, pour les hommes comme pour les femmes (à 60 ans, l’espérance de vie est passée de 15,8 ans en 1968 à 22 années en 2010 pour les hommes, de 20,4 à 26,9 pour les femmes), qui vivent par ailleurs globalement en meilleure santé. Le rapport entre le nombre des actifs et celui des retraités ne cesse de se réduire et ce phénomène va se poursuivre (de 4 en 1960 à 1,8 en 2010 et 1,3 en 2050 selon l’INSEE). Comment ne pas prendre en compte ces nouvelles données dans la réflexion en cours sur les retraites !

Les Français sont prêts à entendre ce propos, à plusieurs conditions cependant – en particulier, la mise à plat de l’ensemble des dispositifs de retraite et la constitution d’un système aussi égalitaire que cohérent ; la prise en compte de nouveaux critères de calcul, notamment en matière de pénibilité, physique et psychique ; le retour à l’emploi des seniors, vivier de talents inexploités et de cotisants aux caisses de retraites ; la suppression de toutes les niches, y compris celle de nos Parlementaires, dont le régime des retraites constitue un privilège d’un autre temps, inacceptable s’agissant des représentants du Peuple auxquels s’impose le devoir d’exemplarité.

Ce propos, qui échappe à toute considération technique sur le sujet, se veut modestement un appel, d’une part à nos concitoyens, afin qu’ils ne se laissent pas prendre au piège des égoïsmes et des corporatismes de tous ordres et mesurent bien les enjeux fondamentaux d’une nécessaire réforme des retraites, d’autre part à nos politiques, toutes sensibilités confondues, et à nos gouvernants, afin que tous prennent leurs responsabilités et que ceux qui nous gouvernent mènent à son terme cette réforme impérative et prennent, au terme d’une large démarche de concertation, les décisions courageuses qui s’imposent.

05/04/2010

Elections régionales et affaiblissement de la démocratie...

Le bruit médiatique des élections régionales de mars 2010 s’est maintenant tu. Beaucoup de commentaires ont été faits sur les résultats de ce scrutin, que les Français ont, une fois de plus, transformé en vote sanction de la politique nationale, en rejet des positions et décisions du Président de la République.

Nul besoin, donc, d’analyser le taux record des abstentions ou le retour, sur la scène politique, du Front National, en particulier dans le Nord de la France et dans les deux régions de l’arc méditerranéen. Quant au succès du Parti Socialiste et d’Europe Ecologie, s’il est indiscutable, il ne signifie pas pour autant une adhésion des électeurs à un projet de gauche, qui se laisse à peine deviner, à des orientations souvent aussi générales que généreuses, à des programmes dont certains ne traduisent que de vagues engagements. Le niveau élevé de l’abstention en relativise d’ailleurs l’ampleur et la portée.

Ce qui frappe, dans ces élections, c’est le témoignage qu’elle donne d’un affaiblissement de la démocratie.

La force d’une démocratie réside, entre autres éléments, dans l’adhésion à un projet de société, à l’échelle du pays ou à celui d’une de ses unités constitutives, la région dans le cas présent. Elle se fonde également sur la légitimité de ses responsables au travers du vote massif des électeurs, à l’instar de ce qui s’est produit lors de l’élection présidentielle de 2007.

Le déni de vote constitue une défaite pour notre démocratie. Il traduit un désarroi à multiples facettes :

- par rapport à la politique menée, avec son cortège de réformes mal expliquées et mal comprises, lesquelles se soldent, dans l’immédiat, par l’absence de résultats significatifs, de nature à améliorer le quotidien des Français.

- par rapport à la crise et à ses effets, dont la stagnation des salaires et la diminution du pouvoir d’achat, le renforcement d’un chômage de masse et de la précarité qui en résulte.

- par rapport à un accroissement continu des inégalités, encore mis récemment en évidence par le constat de l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques dans son dossier annuel sur « Les revenus et le patrimoine des ménages », publié le 1er avril – malheureusement pas un « poisson » !

Nos concitoyens ont indéniablement perdu confiance en leurs représentants. Ils doutent de la capacité de ces derniers à élaborer et mettre en œuvre des réponses adaptées et efficaces pour sortir du marasme ambiant. Ils constatent qu’au-delà des rodomontades, les « puissants » qui nous gouvernent sont impuissants à mettre fin aux désordres qui minent notre société, à commencer par les désordres financiers.

Il est urgent pour les centristes de travailler à un nouveau projet politique, qui implique la participation des citoyens et une démocratisation accrue de la vie politique, qui fasse vivre des orientations à la fois libérales et sociales, des visées à la fois nationales et européennes, qui promeuve son fonds de valeurs humanistes et républicaines.

A l’écoute de nos concitoyens et avec eux, les centristes ont l’impérieuse obligation de contribuer à refonder le « contrat social » de la Nation.