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21/02/2011

Commerces: attractivité et fragilités

commerces,cantonales,réunions thématiquesAprès une brève présentation, données statistiques à l’appui, de la situation actuelle du commerce de centre ville, les échanges, qui ont duré environ une heure et demie, ont porté sur trois points qui peuvent être synthétisés comme suit : la communication ; les principaux problèmes ; les conditions d’attractivité.

1. UN DEFICIT DE COMMUNICATION

Les commerçants présents ont déploré le manque d’écoute des responsables concernés de la Ville de Nîmes et de la Communauté d’agglomération de Nîmes Métropole à propos des travaux du TCSP, certains soulignant, non leur opposition à ce projet, mais le choix contestable de l’engager par la ligne nord-sud plutôt que par la ligne est-ouest, qui aurait desservi des secteurs d’habitat plus dense et aurait permis que les Nîmois s’approprient le sens de ce mode de transport avec l’installation d’un tramway sur rail.
L’une des commerçant(e)s a d’ailleurs insisté sur le fait que Nîmes a au moins dix ans de retard en matière de transports collectifs de type « tramway » et que cette réalisation était indispensable. Et elle a ajouté qu’il faudra encore dix ans pour que les Nîmoises et les Nîmois reviennent vers les commerces de centre ville, sous réserve que des actions dans ce sens soient entreprises.
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Ils ont aussi regretté, malgré tous les panneaux mis en place et l’existence de la Maison des Grands Travaux, le déficit de communication directe et une non prise en compte des problèmes quotidiens auxquels ils sont ou vont être confrontés, en particulier dans un contexte d’affaiblissement des commerces du centre ville.

Ils attendent une écoute plus attentive et une plus grande empathie des « politiques ».


2. DES PROBLEMES LOURDS AU QUOTIDIEN ET DANS LA DUREE

Les commerçants ont soulevé plusieurs problèmes majeurs, qui ne manqueront pas d’avoir un impact économique lourd :
- La difficulté d’accès en centre ville de la clientèle, dissuadée par les embarras croissants de circulation.
Il a été suggéré l’organisation de navettes gratuites ou à très bas tarif pour amener les gens de parkings installés à chaque entrée de la ville vers le centre ville.
- Le manque de places de stationnement dans les rues voisines du centre, voire dans les parkings, notamment le samedi, et le coût du stationnement, sans mesure incitative, sauf pour le parking des Halles.
- Les incivilités croissantes et l’insécurité générée par la multiplication des vols, des trafics en tous genres, des dégradations de véhicules, des agressions verbales et physiques, qui provoquent une diminution de la fréquentation du centre ville et de ses commerces, en particulier dès la nuit tombée.
Trop de commerçants victimes de la délinquance ne portent pas plainte, arguant de temps d’attente trop longs au commissariat, ce qui nuit à une appréhension réelle des délits perpétrés.
-Le coût élevé du foncier et la cherté des loyers en centre ville, ce qui a des effets sensibles sur la taille des commerces, y compris en terme de superficie des locaux commerciaux.

Ils ont également posé des problèmes plus spécifiques mais non moins essentiels :
- L’impossibilité pour les cars de tourisme de stationner en centre ville, ce qui ne manquera pas de détourner les « tour opérators » vers d’autres villes.
Un commerçant a fait remarquer, non sans humour, que, pour un touriste japonais, les arènes d’Arles ou les arènes de Nîmes, c’est la même chose, l’essentiel étant de voir des arènes et de rapporter des souvenirs d’arènes !
- La non indemnisation de la destruction d’une des vérandas du boulevard Amiral Courbet.


3. QUELQUES CONDITIONS POUR UNE ATTRACTIVITE RETROUVEE


Lors de ces échanges très riches, diverses réflexions ou propositions pour l’avenir ont été formulées :
- Inscription de l’activité commerciale dans un ensemble urbain dont il convient de traiter, selon un approche globale, et sur la base d’un projet à moyen et long termes, divers axes croisés et complémentaires, tels que l’habitat, l’environnement, la culture, etc.
- Recherche d’un équilibre entre les activités commerciales de la périphérie et celles du centre ville.
- Réactivation du projet de l’îlot Poste/EDF afin de restaurer des flux dans une ville qui risque d’être partagée en quatre secteurs par le TCSP tel qu’il a été configuré.
Et positionnement de la Coupole comme « moteur de l’activité », comme pôle d’attraction commerciale.
- Création d’une animation multiforme, qui ne se limite pas à des événements, même si ceux-ci sont importants, mais qui s’inscrive dans la durée.
- Mise en place d’une signalétique touristique qui ne se réduise pas aux panneaux traditionnels, là encore importants mais insuffisants – exemple de circuits thématiques visualisés au sol.
- Présence dans les rues de référents de type « ambassadeurs de ma ville », qui informent et aident les visiteurs.
- Accroissement de l’amplitude d’ouverture des commerces, notamment dans l’intervalle de midi et à l’occasion d’événements forts – exemple des « Jeudis de Nîmes ».


Il va de soi que ces pistes de réflexion sont ouvertes et qu’elles pourront être portées, sous la forme de projets, vers les responsables du développement économique des différentes collectivités concernées à l’échelle régionale, dont le Conseil général du Gard.

06/02/2011

Pensée simpliste et leurre frontiste

"Dans le tract qu’il vient de distribuer dans le cadre des élections cantonales, intitulé « REPUBLIQUE OU ISLAMISME – IL FAUT CHOISIR ! », le Front National abuse les Nîmoises et les Nîmois à un double titre, parce qu’il se trompe d’élections, parce qu’une fois de plus il joue sur les affects et sur les peurs.

Le Front National se trompe d’élections car les propositions formulées ne relèvent pas des compétences d’un conseil général mais de choix politiques à l’échelle de la nation.
Si l’on considère, à titre d’exemple, la première proposition, relative à une modification constitutionnelle, sa mise en œuvre exige la tenue d’une séance exceptionnelle du Parlement réuni en Congrès. Les interdictions ou autorisations de financement de lieux de culte énoncées dans les autres propositions ne peuvent que s’inscrire dans le champ de la loi, ce que précise d’ailleurs le tract – « selon des règles strictes et encadrées par les lois françaises ».
Les responsables du Front National n’ignorent évidemment pas les divers niveaux de compétences. Mais il est tellement plus simple de poser une problématique nationale que de se confronter aux préoccupations quotidiennes des habitants d’un quartier, d’un canton, d’une ville, de s’employer, dans le cadre d’un projet pour le territoire local, du canton au département, à répondre aux attentes de celles et ceux qui y vivent, à rechercher des solutions concrètes aux problèmes posés.
Agir ainsi, c’est se dédouaner de toute responsabilité locale, c’est renvoyer les prises de décision au niveau de l’Etat. Mais nous sommes en 2011, année d’élections cantonales, non en 2012, année de l’élection présidentielle et des élections législatives, année d’enjeux nationaux majeurs !

il est tellement plus simple de poser une problématique nationale que de se confronter aux préoccupations quotidiennes des habitants

Le Front National joue une fois de plus sur les affects et sur les peurs. Il ne saurait être question de nier certaines réalités préoccupantes, qu’il importe de traiter dans le respect de tous. La France, pays de cette Révolution française qui a inspiré bien des peuples, pays des droits de l’Homme, a un impérieux devoir d’exemplarité dans sa manière de traiter les questions fondamentales de civilisation.
Sous l’apparence du bon sens, le Front National exacerbe les passions, alimente les peurs et propose des solutions aussi simplistes que populistes. Si « les lois de la République sont bafouées », il nous appartient, non d’en solliciter de nouvelles, mais de faire respecter strictement celles qui existent, de sanctionner toutes les atteintes à l’ordre public, quels que soient les fauteurs de troubles. Il nous appartient aussi, par tous les moyens légaux et institutionnels, de lutter contre les communautarismes et de travailler à la cohésion nationale. Certes, l’entreprise est difficile, d’autant que, par facilité ou négligence, bien des responsables, à tous les niveaux, ont laissé s’installer des situations inacceptables, lesquelles, de dérive en dérive, ont sapé les fondements du « vivre ensemble » et menacent l’unité d’une société riche de ses valeurs partagées en même temps que de ses différences. Cette entreprise n’en doit pas moins être impérativement menée, avec courage et détermination, avec respect et fraternité, ce si beau mot de notre devise républicaine trop souvent oublié.
Là encore, il est tellement plus simple de stigmatiser des groupes humains que de les amener, y compris par la contrainte de la loi et, si nécessaire, par la sanction, à s’approprier les valeurs et les principes organisateurs de la communauté nationale. L’histoire de la nation française atteste la prodigieuse capacité de notre peuple à tisser sans cesse des liens nouveaux et à se construire dans l’interaction permanente du connu et de l’inconnu, de l’existant et du nouveau, du même et de l’autre.


Si « les lois de la République sont bafouées », il nous appartient, non d’en solliciter de nouvelles, mais de faire respecter strictement celles qui existent, de sanctionner toutes les atteintes à l’ordre public, quels que soient les fauteurs de troubles


Voter Front National, comme nous y invite le tract considéré, serait accréditer un leurre et constituerait une erreur gravissime. Loin de régler des problèmes de société bien réels, ce serait aggraver une fracture inquiétante, au risque de l’éclatement de l’unité nationale.

04/02/2011

Réduire la violence scolaire

Le texte qui suit, produit par Jacques SIRBEN, avocat, est une contribution au débat qui aura lieu lors de la réunion thématique « EDUCATION – Civisme et formation », le jeudi 24 février 2011, à partir de 19 heures, au restaurant « Le Salon », 12 rue Condé à Nîmes.


La violence scolaire est à l’image de notre société.

Une étude récente démontre que l’irrespect est, à l’origine, la première forme de violence. Cet irrespect se traduit par un rejet de l’institution, puis par des passages à l’acte de plus en plus violents.

La lutte contre la violence scolaire doit-elle se limiter à une nouvelle formation des enseignants sur les questions de violence ? Ou à la création d’établissements de réinsertion scolaire (ERS), réservés aux élèves les plus perturbés (actuellement seuls onze établissements sont ouverts) ? Ou encore à la création d’équipes mobiles académiques de sécurité (EMAS), qui comptent aujourd’hui 484 membres (policiers et éducateurs ?

Doit on également laisser seuls lutter contre la violence scolaire les proviseurs, les conseillers d’éducation et les surveillants, chargés du bon fonctionnement des établissements ? Alors que tout établissement scolaire est une communauté de vie entre adultes et jeunes. L’Ecole n’est pas seulement un lieu de transmission du savoir, mais également un lieu de transmissions des valeurs et des règles de vie en société

Les violences scolaires sont souvent étroitement liées à des difficultés familiales, sociales, et économiques.

Il est démontré (notamment aux Etats-Unis), que les caméras de surveillances, les portiques, bien qu’utiles, n’ont que des effets limités. Qu’il en est de même de la fouille des cartables, qui est très mal perçue par les élèves. Ces mesures ont parfois même pour conséquence d’entraîner un absentéisme scolaire, qui peut être synonyme d’exclusion sur le plan social et être générateur d’autres violences.

Les pays qui réussissent le mieux face à la violence scolaire sont ceux où la place des parents à l’école est la plus forte (notamment au Brésil). La lutte contre la violence scolaire ne doit donc pas se limiter à l’apport d’éléments extérieurs techniques, mais doit bien se situer au sein même de l’Ecole.

Les états généraux de la sécurité ont démontré que la priorité doit être donnée au facteur humain pour lutter contre la violence.

Ces mêmes études ont également démontré, en France, la rareté, voire l’absence de tout lien entre l’école et le tissu associatif local.

Ne laissons pas l’Ecole seule face à des actes de violence inhérents à notre société. Il nous appartient de mettre en place des cellules de dialogue et de réflexion auxquelles nous pourrions participer avec l’accord des chefs d’établissements et des enseignants, pour réagir à tous les actes d’incivilité, révélateurs de futurs actes de violence, avant de recourir à des procédures d’exclusion, souvent synonymes de marginalisation.

La famille centriste à laquelle nous appartenons doit rester fidèle à ses valeurs d’humanisme et de responsabilité. Elle doit exiger que tous les moyens financiers soient débloqués pour que soient mises en place des structures de dialogue et d’accueil, ouvertes à la société civile, celles-ci visant à réduire, avant qu’il ne soit trop tard, les premiers actes d’incivilité, afin que ces derniers ne se traduisent par des actes de violence scolaire, puis par des actes de délinquance.

Il nous appartient également de dire que ce coût serait bien inférieur aux conséquences sociales, humaines, parfois irréversibles, d’une jeunesse qui sombre dans la délinquance.


Ne tournons pas le dos à l’Ecole, qui nous a tous formés.


Jacques SIRBEN