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24.02.2011

Education: civisme et formation...

DSCF3240.jpg1. DES INCIVILITES ET ACTES DE DELINQUANCE EN HAUSSE

La réunion est introduite par la présentation de quelques données statistiques relatives, pour l’année 2010, aux incivilités et faits de délinquance à l’échelle nationale - 33,9% des atteintes aux biens, 44 % des violences physiques (41,9 % en 2009) et 52 % des vols avec violence commises (+ 10 %, souvent à proximité des établissements scolaires) par des mineurs ; augmentation de la part des violences verbales et des atteintes à la sécurité dans les collèges : de 14 % à 20 % en 3 ans en matière d’atteinte aux biens et à la sécurité – et à l’échelle départementale – 1 223 mineurs arrêtés en zone police dans le Gard; 719 poursuites (de l’admonestation à la peine de prison, 3 à 4 par mois) concernant 931 mineurs.

Cette présentation est complétée par une évocation de la situation nîmoise telle qu’elle est perçue par les habitants – points de vue exprimés lors des visites en porte-à-porte. Sont notamment évoqués les comportements de jeunes dans les transports, certains propos et attitudes inacceptables, ainsi que divers comportements tout aussi insupportables aux abords des collèges : incivilités et trafics multiples ; pressions vis-à-vis de certains publics… en particulier à Feuchères, en raison à la fois de la taille importante du collège, de la proximité des gares ferroviaire et routière, ce qui génère des rassemblements importants.

Cette introduction s’achève par un rapide inventaire d’hypothèses explicatives de la situation actuelle : « désacralisation » de l’école et culture de « l’enfant roi » ; diminution du respect des enseignants dont la position sociale a régressé et remise en cause de toute forme d’autorité ; dévaluation des cours liée à la diversité des sources d’information, à leur facilité d’accès et à leur à caractère ludique ; absentéisme peu ou pas sanctionné ; impunité générale, la sanction étant souvent vécue comme une incongruité ; difficulté d’appropriation des règles pour des raisons culturelles ; inadaptation du fonctionnement de l’Ecole à l’évolution de la population scolaire ; lourdeur de certaines procédures, comme celle relative à la mise en œuvre du conseil de discipline ; etc.


2. DES JEUNES EN SOUFFRANCE DANS UNE SOCIETE VIOLENTE

Les participants présents partagent ce constat comme les causes à la fois complémentaires et croisées de la situation.

Plusieurs personnes regrettent que les incivilités et actes de délinquance, les premières constituant souvent les prémices des secondes, ne soient pas suffisamment prises en compte par les institutions, notamment l’institution judiciaire, ce qui contribue à les banaliser et à renforcer le sentiment d’impunité de trop nombreux jeunes.
Est posée, en ce début d’échange, la question de la reconnaissance des victimes, en particulier par la Justice. Cette reconnaissance constitue l’une des conditions sine qua non de leur prise en considération et de leur accompagnement. Elle les aide aussi à faire le nécessaire travail psychologique qui permet le dépassement du traumatisme vécu.

L’une des participants souligne le lien entre l’incivisme et les actes posés par des adolescents de plus en plus jeunes et la société violente dans laquelle ils vivent. Ces violences multiples génèrent de la souffrance chez de nombreux jeunes et adultes. Elles amplifient, chez les plus fragiles, les processus de déstructuration et d’exclusion. Certains, fort heureusement minoritaires, manifestent leur souffrance par des actes de mutilation, voire par le suicide ; d’autres, beaucoup plus nombreux, commettent des actes de dégradation, de délinquance ou de violence, s’en prennent à divers symboles, comme ceux de la richesse, réelle ou supposée, et du pouvoir.
Il est regretté, à ce moment de l’échange, la disparition de la mission de « défenseur des enfants », laquelle a été intégrée dans une mission plus large de défense des droits de l’Homme.

Le débat porte alors sur le rôle de l’Ecole dans sa mission de prévention. Et certains participants s’accordent à penser qu’il s’avère nécessaire de former les enseignants à la lutte contre les actes de délinquance, d’une part afin qu’ils gèrent efficacement les tensions au sein de leur établissement ou de leur classe, d’autre part pour qu’ils sensibilisent leurs élèves aux conséquences négatives des incivilités, des actes de délinquance ou de violence, pour qu’ils exercent pleinement leur rôle d’éducation, en complément du rôle des parents, parfois pour compenser des déficits graves en matière d’éducation.
Mais tous considèrent que l’Ecole ne peut se substituer aux familles et assumer des responsabilités qui incombent fondamentalement à ces dernières. Il appartient par contre aux institutions et aux collectivités d’organiser l’accompagnement des parents démunis, à des titres divers, afin qu’ils puissent jouer leur rôle de parents et assurer l’éducation de base de leurs propres enfants.
Il convient en effet à la fois de restaurer l’autorité des parents et celle de l’Ecole, l’une ne pouvant s’exercer sans l’autre. Certains regrettent les leçons de morale de jadis, considérant qu’elles contribuaient à inculquer des valeurs, à donner des repères et à susciter une réflexion sur le « vivre ensemble ». Ces moments d’éducation morale et civique sont d’autant plus importants que les valeurs traditionnelles se perdent, que les familles se décomposent et se recomposent, que beaucoup d’adultes ne donnent pas « le bon exemple » - papiers jetés dans la rue ; excréments de chien non ramassés (malgré les sacs mis à disposition) ; excès de vitesse et non respect de stop ou de feu rouge ; etc.).

L’échange se poursuit sur la mise en œuvre du couple prévention/sanction. Quand l’action éducative trouve ses limites ou échoue, il est indispensable que la sanction prenne le relais. Aucun acte d’incivilité ou de délinquance ne devrait rester impuni, à la mesure de la faute commise.
Il est à ce propos rappelé la mission que le Président de la République a confiée au député Yvan LACHAUD sur le traitement de la délinquance des mineurs. Le rapport considéré sera remis en mai 2011 au Chef de l’Etat ; et certaines mesures pourraient faire l’objet d’un projet de loi. Les participants sont également informés de la création, au sein de la collectivité nîmoise, du conseil des droits et devoirs des familles, dont l’un des enjeux est l’accompagnement des parents d’enfants ou adolescents qui posent des problèmes lourds, y compris en terme d’absentéisme. Ils le sont aussi de l’existence, à Nîmes, d’une « maison des adolescents », qui est ouverte depuis juin 2010 et accueille, selon une répartition relativement équilibrée en trois-tiers, des adolescents, des familles et des partenaires (professionnels, institutions, associations).

Au terme d’un échange riche de plus d’une heure et demie, une participante fait état de l’action menée par Madame VERSINI, dernière « défenseure des enfants », et des propositions qu’elle a énoncées à l’attention du Président de la République, notamment pour rompre l’isolement des enfants et adolescents dits « violents », l’isolement des enseignants en butte aux comportements incivils, voire violents, de certains de leurs élèves, notamment dans des collèges ou des lycées professionnels, l’isolement des parents de jeunes délinquants.
Elle donne lecture d’un extrait de rapport de la « défenseure des enfants », relatif à l’histoire d’un jeune « multi-fracturé » - sa crise et son désespoir, sa solitude, le caractère implacable de procédures administratives qui éloignent de solutions adaptées et peuvent conduire au pire.


3. UNE AMORCE DE PROPOSITIONS

Il résulte de l’échange quelques propositions, qui demandent évidemment à être approfondies et complétées :

- Restaurer l’autorité dans les établissements : une urgence absolue – revoir les règlements intérieurs; redonner aux élèves leur places d’adolescents; sanctionner les délinquants notoires; réformer l’ordonnance de 1945; responsabiliser les familles.

- Faire de l’Ecole un « espace sacré », qui soit un ascenseur social – rétablir la culture de l’effort; redonner du sens à la note de vie scolaire; mettre un terme à la dévaluation des diplômes; mettre en place une politique réaliste et raisonnée d’orientation (par choix et non par défaut).

- Intégrer dans la formation des enseignants une composante sur la prévention et le traitement des incivilités, des actes de délinquance et des violences.

- Accompagner les parents dans l’exercice de leur rôle d’éducateurs et les aider à repérer et à traiter les comportements déviants de leur(s) enfant(s).

17.01.2011

L’évaluation des élèves de CM2 est un moment essentiel pour des apprentissages adaptés

Ce lundi 17 janvier, et pour toute la semaine, les élèves de CM2 se voient proposer des exercices d’évaluation en français et mathématiques. Le CM2 constitue un niveau charnière dans le parcours scolaire parce qu’il est l’ultime étape avant l’entrée au collège, ce qui nécessite, au regard des déficits constatés chez chaque écolier, des situations d’apprentissage et des soutiens appropriés aux besoins réels des élèves.

Si l’évaluation est une nécessité, dans la perspective d’une action pédagogique toujours plus efficace, se pose la question de la pertinence de la période retenue. La visée majeure étant, pour les enseignants, d’établir un diagnostic, donc de recueillir des données fiables sur les acquis et difficultés de leurs élèves en vue de retenir les meilleures stratégies pédagogiques, il serait préférable que cette évaluation ait lieu en début d’année scolaire.

Il n’en est pas moins utile de mettre en place cette évaluation, qui constitue un formidable levier pour rendre l’enseignement encore plus efficace et offrir aux élèves des chances optimales de réussite.

21.12.2010

LA MAISON DES ADOLESCENTS COMME RESSOURCE MAJEURE POUR UN ACCOMPAGNEMENT EDUCATIF DE QUALITE

Les Nîmoises et les Nîmois, confrontés ou non à divers phénomènes de délinquance, notamment des agressions et, parfois, des actes de violence, expriment un sentiment toujours plus fort d’insécurité et un malaise qui va croissant. Ce sentiment est particulièrement vif chez de nombreux commerçants, préoccupés pour leur clientèle, la réduction de celle-ci et la dégradation de leur fonds de commerce. Certains redoutent même, à terme, la disparition de celui-ci.

Les agissements qui engendrent cette situation inacceptable peuvent s’expliquer par la conjonction de fractures graves – urbaines, sociales, économiques, culturelles, idéologiques – dont l’analyse relève d’un autre propos.

Aussi la Ville de Nîmes a t-elle engagé la mise en œuvre d’un plan pluriannuel de sécurité, lequel comprend, entre autres mesures, l’augmentation du contingent de policiers municipaux, l’installation de deux cents caméras de vidéoprotection, la création du conseil des droits et devoirs des familles.

Compte tenu du constat effectué, cette composante d’une politique publique de sécurité s’avère indispensable. Mais au regard de ce même constat et du diagnostic qui en résulte, il est essentiel de la croiser avec d’autres volets non moins déterminants, comme celui de l’accompagnement éducatif.


Dans ce champ prioritaire de l’action éducative, des solutions complémentaires et souvent adaptées existent d’ores et déjà, qu’il conviendra, bien entendu, de faire évoluer en fonction des besoins et de nouveaux modes de prise en charge des jeunes, en particulier des populations dites « à risque » et des adolescents les plus vulnérables. C’est dans ce paysage complexe que s’inscrit la « Maison des Adolescents du Gard ».

Cette Maison des Adolescents ne saurait simplement s’ajouter aux structures ou dispositifs existants. Elle a pour visée de mettre en réseau et en complémentarité les ressources et compétences des institutions pour mieux répondre aux besoins des adolescents. Les jeunes et leurs familles peuvent y trouver les soutiens et aides nécessaires.

Elle a ouvert ses portes au 14 bis boulevard Gambetta à Nîmes à la mi-juin 2010 et son activité s’est développée rapidement. Durant ses dix premières semaines de fonctionnement, elle a enregistré près de 150 passages, répartis en trois tiers à peu près équivalents d’adolescents, de parents et de professionnels. Les demandes des adolescents concernent essentiellement l’hébergement d’urgence, l’orientation et l’emploi, la sexualité et la contraception. Celles des parents portent surtout sur la déscolarisation et les violences intrafamiliales.

Outre les accueils évoqués ci-dessus, la Maison des Adolescents a réalisé une campagne de rencontres dans les collèges et les lycées. Et elle a engagé des actions, d’une part sur l’offre de soins, selon une approche de complémentarité entre les dispositifs existants, d’autre part sur l’offre d’accompagnement éducatif.

Cette toute nouvelle Maison des Adolescents trouve progressivement sa place dans l’ensemble des structures au service des adolescents et de leurs parents, en particulier des plus fragiles et des plus en difficulté. Les liens tissés avec différents partenaires locaux, notamment institutionnels, constituent un gage d’efficacité dans la prise en charge de jeunes exposés à des influences négatives ou sujets à des addictions, quand ils ne sont pas déjà auteurs d’actes de délinquance.
Aussi s’avère t-il nécessaire, dans le cadre d’une politique volontariste, au double plan de la sécurité et de l’action sociale – les deux volets interfèrent sur certains points –, que les institutions, collectivités et associations partenaires poursuivent leur soutien actif à la Maison des Adolescents ou – c’est le cas de la Ville de Nîmes, de la Communauté d’agglomération de Nîmes Métropole comme du Conseil régional Languedoc Roussillon, dont les engagements sont à l’étude – apportent leur contribution à son fonctionnement.

Il y va du devenir d’une partie de la jeunesse, du développement de notre territoire, de la qualité de notre « vivre ensemble »…

27.11.2010

Le Brevet d'Initiation Aéronautique (B.I.A.), un beau diplôme

avec YL BIA.JPGSamedi 20 novembre 2010, en fin d’après-midi, plusieurs dizaines de jeunes, élèves de trois lycées publics et d’un lycée privé sous contrat, se sont retrouvés à l’aéro-club du Gard, sur l’aérodrome de Nîmes Courbessac, pour recevoir leur brevet d’initiation aéronautique des mains des personnalités présentes, dont le député Yvan LACHAUD.

Ce diplôme, délivré par le Ministère de l’Ecologie/de l’énergie et celui de l’Education nationale, atteste un bon niveau de culture générale en aéronautique – connaissance des aéronefs ; aérodynamique ; météorologie ; réglementation aérienne et sécurité des vols ; approche historique de l’aéronautique.
Il s’agit d’un diplôme reconnu, de niveau comparable au brevet théorique de pilote privé, en bref, dont la préparation est exigeante et mobilise de nombreuses compétences au double plan des méthodes d’apprentissage et des qualités personnelles.

Dans le Gard, sous l’impulsion de Pierre BRIAL, remarquable professeur, aujourd’hui honoraire, à l’initiative de cette belle aventure éducative, et grâce à la mobilisation exemplaire de professeurs dynamiques dans chacun des lycées engagés dans cette opération, l’effectif des élèves qui préparent ce diplôme a augmenté de manière significative, ainsi que le nombre des diplômés, en particulier avec mention. En une demi-douzaine d’années, l’effectif des élèves admis à cet examen difficile a plus que doublé, passant d’une quarantaine à près d’une centaine.

C'est le fruit d'un travail considérable, marqué du sceau de l'excellence. Bravo aux élèves et à leurs professeurs, ainsi qu’aux partenaires qui les soutiennent avec détermination – Rectorat de l’académie de Montpellier, responsables de divers aéro-clubs et de leur Fédération – pour ce résultat exceptionnel.


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07.09.2010

Nîmes, à l'avant-garde de la restauration collective

La loi du 27 juillet 2010 de modernisation de l’agriculture et de la pêche prône « une alimentation sûre, diversifiée, en quantité suffisante, de bonne qualité gustative et nutritionnelle, […] ». Et, en application du programme national pour l’alimentation, elle insiste sur « la sécurité alimentaire des produits agricoles et des aliments », sur « l’éducation et l’information notamment en matière de goût, d’équilibre et de diversités alimentaires », sur « la qualité gustative et nutritionnelle des produits agricoles », sur « le respect et la promotion des terroirs », sur « le développement des circuits courts », sur « le patrimoine alimentaire et culinaire français ».

Pour concrétiser ces orientations, elle fixe des objectifs en matière de recours aux circuits courts de distribution : les produits considérés doivent être introduits « à hauteur minimale de 15 % des commandes en 2010 et 20 % en 2012 ; il s’agit de « produits saisonniers à faible impact environnemental eu égard à leurs conditions de production et de distribution », dont la qualité et l’origine sont clairement identifiées.

Le contrat passé entre la Ville de Nîmes et son délégataire, la société SODEXO, mis en œuvre à compter du 1er septembre 2009, s’inscrit totalement dans les orientations de cette nouvelle loi et dépasse largement les objectifs annoncés.

Dès la première année du contrat, les produits affichant des signes de qualité ont représenté 45 % du total de denrées alimentaires – 15 % de produits labellisés (exemple des viandes AOC) + 30 % de produits issus des filières biologiques – et une forte proportion a été achetée sur des marchés locaux ou régionaux.

C’est ainsi que :
* dans les entrées, des crudités biologiques, issues de filières courtes, sont servies 5 fois par mois (sur un total de 20 repas en moyenne) ;
* les viandes, qui constituent la part du coût du repas la plus élevée, ont toutes un label (ex. : agneau label rouge, bœuf charolais race à viande, taureau de Camargue AOC, veau label rouge, volaille bio) ;
* les accompagnements sont, dans leur très grande majorité, des produits biologiques (17 repas sur 20 mensuels) ;
* pour les desserts, les fruits crus, dont la proportion varie selon les saisons, sont essentiellement issus de l’agriculture biologique (en moyenne 5 à 6 sur 10 des 20 desserts du mois), sachant que, pour les 10 autres desserts, il est proposé deux pâtisseries « maison » (produites dans l’atelier spécifique de la cuisine centrale), une compote « bio » et une glace artisanale.

La part des produits sous signe d’identification de la qualité, dont la part du biologique, progressera d’environ 5 % par an au minimum, notamment les produits issus des circuits courts en raison de l’important travail de coopération avec nombre de producteurs locaux et leurs représentants.

La mise en œuvre du contrat actuel est placée sous le triple signe :
- de la santé, considérée comme le capital personnel de chaque enfant à valoriser ;
- de l’environnement et du développement durable, en particulier sous l’angle du biologique et des filières courtes ;
- de l’économie, la Ville de Nîmes manifestant son ambition, avec 6 800 repas servis chaque jour dans ses restaurants scolaires, d’être un acteur majeur du développement économique local.

08.05.2010

Mémoire contre ignominie...

cérémonies du 8 mai.jpgLes cérémonies de commémoration du 8 Mai viennent de se dérouler. Dans les divers lieux nîmois de cette célébration, des écoliers ont dit avec émotion un très beau texte de Saint-Exupéry – ceux de l’école de Mas Roman à Saint-Césaire, ceux de l’école de Courbessac au monument aux morts de ce quartier-village, ceux de l’école Charles Martel au square du 11 novembre – et des élèves du collège Feuchères ont remarquablement interprété trois couplets de notre hymne national.

Ces prestations attestent l’engagement des jeunes et de leurs familles comme celui des enseignants qui les ont accompagnés dans cette action éducative exemplaire. Les uns et les autres ont fait honneur à l’Ecole de la République.

C’est par l’éducation et par des actions de qualité comme celles liées à la mémoire que nous établirons des liens forts et indispensables entre les générations, que nous rendrons hommage aux femmes et aux hommes qui ont défendu, au péril ou au prix de leur vie, la dignité de la France et la liberté des leurs comme des générations futures, que nous combattrons tous les obscurantismes et tous les fanatismes.

Se souvenir ensemble des monstruosités des totalitarismes, avant, pendant et après la Seconde Guerre Mondiale, c’est contribuer à faire barrage à tous ces actes aussi ignominieux qu’inacceptables qui sont notre honte, en particulier les profanations de ces derniers jours dans notre région, celle d’une synagogue à Nîmes, doublée d’un acte antisémite contre une personne, celle de stèles de soldats musulmans à Tarascon, celle d’une statue de sainte dans l’enceinte d’un établissement scolaire privé.

Accomplir son devoir de mémoire, c’est rendre hommage à nos grands ancêtres et se référer à leur action digne et exemplaire pour mieux affirmer nos valeurs humanistes et républicaines, pour mieux agir en citoyens libres et responsables.

06.04.2010

Sécurité et Société

Les 07 et 08 avril 2010 se tiennent à la Sorbonne, à l’initiative du Ministre de l’Education nationale, Luc CHATEL, des « Etats généraux de la sécurité à l’Ecole », au sous-titre volontariste : « Comprendre, prévoir, agir ». Si une telle initiative mérite d’être saluée, il n’en est pas moins regrettable qu’elle constitue une réponse quasi immédiate à des faits graves – que les médias présentent comme des « faits divers » - dans des établissements de la région parisienne. Les problématiques majeures ne sauraient être examinées sous le coup de l’émotion et de la colère, même atténuées par les semaines passées ; elles nécessitent mise à distance et lucidité.

Les constats et analyses ne manquent pas, non plus que les plans de prévention de la violence ou de lutte contre celle-ci. Depuis un quart de siècle, les violences scolaires ont donné lieu à une abondante littérature et ont fait l’objet de plans successifs, guère plus opératoires les uns que les autres, malgré l’ambition affichée des gouvernants, le relais déterminé des institutions et l’engagement sans faille des acteurs de terrain.

Mais le traitement d’un mal aussi profond, davantage dû à la répétition régulière, voire quotidienne, d’incivilités de tous ordres et d’agressions mineures – bien qu’inacceptables – qu’à des actes graves de délinquance – même s’il s’en produit trop souvent –, relève de solutions complexes, à divers niveaux, en étroite interaction. Vouloir agir au seul échelon des établissements scolaires, sans faire évoluer simultanément le système éducatif et travailler à l’ajustement de notre modèle de société, risque de se traduire, une nouvelle fois, par des mesures aussi inefficaces qu’inadaptées.

Nul magicien ne saurait venir à bout, d’un coup de baguette magique et dans l’instant, de phénomènes qui gangrènent la société entière et, au sein de celle-ci, les établissements scolaires et leurs abords.

A l’échelle de la Nation, les politiques ont la responsabilité majeure de travailler à un nouveau pacte social, de faire évoluer notre modèle de société vers plus d’humanisme, notamment dans ses composantes économique, culturelle et sociale. Le modèle actuel, ultralibéral, génère de terribles violences, au premier rang desquelles l’augmentation du chômage et de la pauvreté, le renforcement des inégalités sociales, la montée des égoïsmes et le délitement du lien social, les pratiques mortifères de la finance internationale et de grands patrons sans foi ni loi. S’il est légitime d’œuvrer par le travail à l’accroissement des richesses, il ne l’est pas moins de veiller à une meilleure répartition de celles-ci et de mieux prendre en considération les femmes et les hommes qui contribuent à leur production.

Dans le même temps, il est essentiel d’agir sur l’Ecole, lieu majeur d’apprentissage de la citoyenneté – n’est-ce pas l’un des sept piliers du « socle commun de connaissances et de compétences » ! –, mais aussi lieu de violences ordinaires, celles commises par certains élèves ou par des jeunes extérieurs aux établissements, celles, insidieuses, dues à l’institution elle-même.

En effet, le système éducatif, dans son fonctionnement comme dans le comportement de certains de ses acteurs, est générateur de violences : organisation scolaire stéréotypée et rigide, inadaptée à diverses catégories d’élèves, en particulier les plus fragiles (pour des raisons individuelles ou sociales) ; absence d’explicitation du projet éducatif et du sens de l’Ecole, ainsi que de celui des nécessaires contrôles et évaluations ; insuffisance ou défaut de qualité de services d’enseignement ou d’éducation proposés aux élèves ; manque de considération, voire de respect, de certains personnels vis-à-vis des élèves ; sanction moins éducative que punitive des écarts et des inconduites, parfois au point d’exacerber ceux-ci ou ceux-là.

S’il n’existe ni solution unique, ni solution miracle, des pistes, connues, sont à explorer ou à mettre en œuvre : la constitution d’unités pédagogiques/éducatives à taille réduite dans les territoires fragiles, voire d’unités expérimentales ; la stabilisation des équipes d’encadrement, d’enseignement et d’éducation ; la conception et l’application d’autres modes d’affectation et de promotion des enseignants, de telle sorte que les plus jeunes et les moins expérimentés ne soient pas nommés dans les établissements difficiles ; l’élaboration, l’appropriation et la mise en place de projets partagés d’école ou d’établissement comportant un volet éducatif fort ; l’établissement par chaque communauté éducative d’un diagnostic de sécurité, qui prenne en compte à la fois les particularités de l’école ou de l’établissement et ses environnements, géographique, économique, sociologique, culturel, etc. ; l’instauration de règles et de rituels propres à structurer la communauté éducative ; la formation des enseignants à la prévention et au traitement des conflits et leur accompagnement dans les situations les plus difficiles ; etc.

Ces pistes de réflexion et d’action ne sauraient, d’une part, être exhaustives, d’autre part, être considérées isolément les unes des autres. Elles sont à inscrire dans une logique d’établissements conçus comme systèmes, dans leur organisation spécifique et entre eux.

Les deux premiers niveaux pris en compte, les mesures particulières de prévention des violences scolaires trouvent pleinement leur sens et leur place. Elles peuvent alors produire pleinement leurs effets. Il est inutile de les rappeler ici tant elles sont été déclinées sous des formes diverses, notamment au travers des plans successifs déjà évoqués.

Une chose est sûre, en dépit des revendications réitérées en ce sens, la réduction des effectifs dans les classes et l’adjonction de moyens supplémentaires – par exemple surveillants et assistants d’éducation ou de vie scolaire – ne constituent en la matière que des leurres, de bien piètres miroirs aux alouettes. Tant pis pour les cris d’orfraie que ne manquera pas de provoquer ce propos !

La sécurité à l’Ecole implique la mobilisation de tous les acteurs sociaux, pas seulement celle des professionnels de l’éducation, toutes catégories confondues. Elle ne saurait être le fruit de mesures propres à la seule institution scolaire, même si celles-ci sont nécessaires. Un énième plan ne saurait résoudre les désordres actuels, qui accentuent un sentiment d’insécurité de plus en plus vif et profond, s’il ne s’inscrit pas dans une réflexion générale sur les transformations du système éducatif et sur l’évolution de notre modèle de société.

03.04.2010

Une coopération prometteuse entre enseignants nîmois et anglais.

Le mardi 30 mars 2010, j’ai eu le plaisir d’accueillir, à l’Hôtel de Ville de Nîmes, en ma qualité d’adjoint au maire délégué à l’éducation, quinze enseignants anglais du Buckinghamshire, qui se destinent à l’enseignement du français, et leurs homologues français, dont quatorze professeurs des écoles travaillant dans neuf écoles de la ville et un de leurs collègues de Pompignan, village aux portes des Cévennes.

Comment ne pas être satisfait que ces écoles et enseignants nîmois participent à cette opération de coopération, qui concrétise des accords institutionnels noués en 2006 entre le Buckinghamshire et l’académie de Montpellier. Si la ville de Nîmes apporte pleinement son soutien à ladite action, c’est qu’un tel échange s’inscrit totalement dans ses priorités éducatives.

Parmi ces dernières, la Ville en a deux qui concernent l’échange considéré :

1. Favoriser l’apprentissage des langues et les partenariats avec d’autres pays européens. Cette ambition se fonde sur un double constat : la richesse patrimoniale de Nîmes et du Gard, qui attire de nombreux touristes, notamment étrangers ; la faible maîtrise des langues par nos concitoyens, en particulier de l’anglais.

Cet accompagnement passe, entre autres ressources, par la création d’espaces numériques dans les écoles, équipements qui favorisent les échanges, via le courrier électronique, et la communication en direct, via la visioconférence.

2. Développer des approches multiculturelles et ouvrir l’esprit des jeunes Nîmois à d’autres modes de vie, d’autres traditions – dans une terre fortement marquée du sceau de ses propres traditions, folkloriques, tauromachiques, etc. – l’ouvrir à d’autres formes de pensée et de visions du monde.

Forger des esprits curieux, ouverts, respectueux des autres, implique que les enseignants apprennent à se connaître et à partager certains éléments de leurs cultures respectives. C’est dans cette perspective que la Ville a facilité la découverte, par les enseignants anglais, du patrimoine historique et culturel de Nîmes, ainsi que l’accès au Pont du Gard, monument prestigieux, emblématique de la romanité.

L’une des ambitions éducatives de la ville de Nîmes est de contribuer à l’instauration de liens solides et durables entre maîtres et élèves des deux régions pour le développement d’échanges qui favorisent un apprentissage et un usage naturels de la langue du voisin.

C’est avec cette même volonté que sont soutenues d’autres actions de partenariat d’écoles nîmoises avec des écoles étrangères : le partenariat européen de l’école de La Gazelle, en anglais, avec l’Italie, la Hongrie et l’Angleterre ; le premier échange, récent, avec des directeurs américains (New York) auquel a participé l’école de l’eau Bouillie.

Je ne manquerai pas d’encourager et d’accompagner de telles opérations, en lien étroit avec l’Inspection académique du Gard et la Délégation académique aux relations européennes, internationales et à la coopération. Il y va à la fois du renforcement et de l’approfondissement de la construction de l’Union européenne, de l’avenir de nos enfants et de notre pays.

29.03.2010

Des femmes et des hommes d'excellence dans l'école de la République

Le samedi 27 mars 2010, de 9 heures à 10 heures 45, s’est tenue, au lycée Jean-Baptiste Dumas à Alès, l’assemblée générale ordinaire de la Section du Gard de l’Association des Membres de l’Ordre des Palmes Académiques (AMOPA), laquelle compte 257 adhérents.

Après avoir remercié Monsieur Jean-Paul MAZEN, Proviseur, pour la qualité et la chaleur de son accueil, et avoir rendu hommage aux membres disparus depuis l’assemblée générale de mars 2009, le président a présenté le rapport moral, organisé autour de deux points : les choix d’action de la section AMOPA du Gard ; le positionnement de la section au sein de l’association nationale.

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03.02.2010

L'éducation au coeur de la nation, l'école au coeur du Contrat social

Dans une de ses œuvres les plus engagées, « Le Peuple » (1846), l’un des trois ouvrages qui rassemblent ses conférences pour dénoncer des pratiques ecclésiastiques impopulaires, Jules MICHELET, fervent républicain, alors professeur au Collège de France, a ces mots d’une force exceptionnelle : « Quelle est la première partie de la politique ? L’éducation. La seconde ? L’éducation. Et la troisième ? L’éducation. »

C’est que l’éducation constitue le premier investissement d’un pays. Si la santé, l’économie, l’écologie et le développement durable... relèvent des priorités majeures des Etats – en cette période de vœux, n’avons-nous pas l’habitude d’associer « bonne santé », le bien le plus précieux, à « bonne année » – les évolutions passées et futures de ces secteurs et de bien d’autres encore doivent tout à l’engagement, à l’intelligence, à la créativité de femmes et d’hommes éduqués.

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