12.05.2010
L'Europe en quête de reconnaissance...
Le dimanche 09 mai 2010, jour de commémoration du soixantième anniversaire de la Déclaration de Robert Schuman, acte fondateur de la construction européenne, les participants à la réception officielle marquant cette journée de l’Europe étaient bien peu nombreux dans la cour de « l’Orloj » à Nîmes.
Certes, la pluie s’était invitée à la cérémonie ; mais les intempéries de cette matinée ne suffisent pas à expliquer la présence d’une poignée de fidèles de la cause européenne, réunis autour du président et des administrateurs de la Maison de l’Europe à Nîmes.
Plusieurs explications peuvent être avancées pour rendre compte de ce déficit. Depuis des décennies, malgré l’engagement des Pères fondateurs de l’Europe, Jean Monnet et Robert Schuman, comme de leurs successeurs, à l’instar de Jacques Delors, président unanimement reconnu en son temps de la commission européenne, les Français se sont souvent montrés sceptiques vis-à-vis de l’Europe. Et le vote négatif de mai 2005, au terme d’une campagne quelque peu chaotique, a durablement marqué les esprits.
L’incapacité de l’Union européenne à traiter de manière solidaire et cohérente des situations graves, comme le conflit serbe ou la crise financière, confirment les eurosceptiques dans la faiblesse, voire l’impuissance de l’Union, malgré certaines réussites comme celles du Président de la République au moment de la présidence française de l’Union – conflit entre l’Ukraine et la Russie, réunion du G 20 lors de la crise des « subprimes » aux Etats-Unis et le déclenchement de la crise financière mondiale. Et les atermoiements des principaux pays de l’Union dans la résolution de la crise grecque n’ont pas manqué de conforter ce sentiment de faiblesse, même si, le jour même de cette Journée de l’Europe, les chefs d’Etat et les ministres des finances ont conçu et mis en place un dispositif exceptionnel et d’une rare envergure pour juguler la spéculation.
Face aux périls qui menacent notre Europe, à la récession qui la guette, avec tous les effets graves, directs et collatéraux, sur les populations, il est urgent de dépasser les égoïsmes nationaux, de surmonter les peurs et les fantasmes, il est urgent d’agir ensemble, sur la base d’orientations politiques, économiques et financières partagées, dans un esprit de solidarité. Vivre et se développer au sein d’une Europe unie et forte… ou sombrer dans l’océan tumultueux de la mondialisation !
Donnons-nous la main pour continuer à construire, au-delà de nos racines locales et nationales, notre grand pays, l’Europe.
07:43 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, 9 mai
08.05.2010
Mémoire contre ignominie...
Les cérémonies de commémoration du 8 Mai viennent de se dérouler. Dans les divers lieux nîmois de cette célébration, des écoliers ont dit avec émotion un très beau texte de Saint-Exupéry – ceux de l’école de Mas Roman à Saint-Césaire, ceux de l’école de Courbessac au monument aux morts de ce quartier-village, ceux de l’école Charles Martel au square du 11 novembre – et des élèves du collège Feuchères ont remarquablement interprété trois couplets de notre hymne national.
Ces prestations attestent l’engagement des jeunes et de leurs familles comme celui des enseignants qui les ont accompagnés dans cette action éducative exemplaire. Les uns et les autres ont fait honneur à l’Ecole de la République.
C’est par l’éducation et par des actions de qualité comme celles liées à la mémoire que nous établirons des liens forts et indispensables entre les générations, que nous rendrons hommage aux femmes et aux hommes qui ont défendu, au péril ou au prix de leur vie, la dignité de la France et la liberté des leurs comme des générations futures, que nous combattrons tous les obscurantismes et tous les fanatismes.
Se souvenir ensemble des monstruosités des totalitarismes, avant, pendant et après la Seconde Guerre Mondiale, c’est contribuer à faire barrage à tous ces actes aussi ignominieux qu’inacceptables qui sont notre honte, en particulier les profanations de ces derniers jours dans notre région, celle d’une synagogue à Nîmes, doublée d’un acte antisémite contre une personne, celle de stèles de soldats musulmans à Tarascon, celle d’une statue de sainte dans l’enceinte d’un établissement scolaire privé.
Accomplir son devoir de mémoire, c’est rendre hommage à nos grands ancêtres et se référer à leur action digne et exemplaire pour mieux affirmer nos valeurs humanistes et républicaines, pour mieux agir en citoyens libres et responsables.
22:45 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : 8 mai, commémorations, éducation, europe
03.04.2010
Une coopération prometteuse entre enseignants nîmois et anglais.
Le mardi 30 mars 2010, j’ai eu le plaisir d’accueillir, à l’Hôtel de Ville de Nîmes, en ma qualité d’adjoint au maire délégué à l’éducation, quinze enseignants anglais du Buckinghamshire, qui se destinent à l’enseignement du français, et leurs homologues français, dont quatorze professeurs des écoles travaillant dans neuf écoles de la ville et un de leurs collègues de Pompignan, village aux portes des Cévennes.
Comment ne pas être satisfait que ces écoles et enseignants nîmois participent à cette opération de coopération, qui concrétise des accords institutionnels noués en 2006 entre le Buckinghamshire et l’académie de Montpellier. Si la ville de Nîmes apporte pleinement son soutien à ladite action, c’est qu’un tel échange s’inscrit totalement dans ses priorités éducatives.
Parmi ces dernières, la Ville en a deux qui concernent l’échange considéré :
1. Favoriser l’apprentissage des langues et les partenariats avec d’autres pays européens. Cette ambition se fonde sur un double constat : la richesse patrimoniale de Nîmes et du Gard, qui attire de nombreux touristes, notamment étrangers ; la faible maîtrise des langues par nos concitoyens, en particulier de l’anglais.
Cet accompagnement passe, entre autres ressources, par la création d’espaces numériques dans les écoles, équipements qui favorisent les échanges, via le courrier électronique, et la communication en direct, via la visioconférence.
2. Développer des approches multiculturelles et ouvrir l’esprit des jeunes Nîmois à d’autres modes de vie, d’autres traditions – dans une terre fortement marquée du sceau de ses propres traditions, folkloriques, tauromachiques, etc. – l’ouvrir à d’autres formes de pensée et de visions du monde.
Forger des esprits curieux, ouverts, respectueux des autres, implique que les enseignants apprennent à se connaître et à partager certains éléments de leurs cultures respectives. C’est dans cette perspective que la Ville a facilité la découverte, par les enseignants anglais, du patrimoine historique et culturel de Nîmes, ainsi que l’accès au Pont du Gard, monument prestigieux, emblématique de la romanité.
L’une des ambitions éducatives de la ville de Nîmes est de contribuer à l’instauration de liens solides et durables entre maîtres et élèves des deux régions pour le développement d’échanges qui favorisent un apprentissage et un usage naturels de la langue du voisin.
C’est avec cette même volonté que sont soutenues d’autres actions de partenariat d’écoles nîmoises avec des écoles étrangères : le partenariat européen de l’école de La Gazelle, en anglais, avec l’Italie, la Hongrie et l’Angleterre ; le premier échange, récent, avec des directeurs américains (New York) auquel a participé l’école de l’eau Bouillie.
Je ne manquerai pas d’encourager et d’accompagner de telles opérations, en lien étroit avec l’Inspection académique du Gard et la Délégation académique aux relations européennes, internationales et à la coopération. Il y va à la fois du renforcement et de l’approfondissement de la construction de l’Union européenne, de l’avenir de nos enfants et de notre pays.
17:03 Publié dans Education, Europe, Nîmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : education, langues, échanges, nîmes, europe, royaume-uni
05.12.2009
De l'identité à l'unité
Vendredi 04 décembre 2009, à la permanence de la fédération gardoise du Nouveau Centre, à Nîmes, une cinquantaine de militants ou sympathisants se sont retrouvés, dans une ambiance comme à l’accoutumée chaleureuse, pour participer à un premier échange sur « l’identité nationale », échange conduit par Julien DEVEZE, délégué de la fédération du Gard, chef de file du Nouveau Centre pour les électionsrégionales de mars 2010, et JackyRAYMOND, vice-président délégué au projet.
La rencontre a commencé par une interrogation liminaire sur l’opportunité d’un tel débat. A l’exception de quelques participants, inquiets du risque de manipulation induit par une telle réflexion ou par celui de dérives en rapport avec l’identitaire ou le communautarisme, la réponse a été positive. En effet, celles et ceux qui se sont exprimés à ce sujet ont estimé, d’une part qu’il convenait de lever bien des malentendus, notamment à propos des étrangers ayant accédé à la nationalité française, d’autre part de se réapproprier les éléments constitutifs du sentiment d’appartenance à la nation française, en particulier au travers de la question « qu’est-ce qu’être français » ?
La suite de l’échange a montré que même ceux qui avaient manifesté leur réticence, voire leur opposition, à un tel débat n’ont pas manqué d’apporter des contributions aussi intéressantes que passionnées.
L’un des participants a immédiatement proposé que le questionnement porte davantage sur les conditions de l’unité nationale que sur l’identité nationale. Cette piste de réflexion, réintroduite ultérieurement dans le débat par les animateurs, n’a pas été approfondie.
Malgré le souci des deux animateurs de provoquer un débat positif sur la manière dont chacune ou chacun pouvait vivre ce sentiment d’être français, l’analyse a rapidement porté sur les quartiers et sur les jeunes de la communauté maghrébine. Plusieurs participants ont témoigné, avec émotion, de leur difficulté à vivre aujourd’hui dans leur quartier, faisant état d’incivilités quotidiennes, voire d’actes de délinquance ou de violence – vols, trafics de drogue, incendies de voitures, menaces verbales et physiques, etc. D’autres ont mis en cause certaines dérives confessionnelles et l’acceptation coupable de trop nombreux politiques – restauration scolaire et viande halal ; horaires spécifiques pour femmes musulmanes à la piscine ; accouchement et refus de médecins masculins ; etc.
Pour éviter des dérapages, il a parfois fallu que les animateurs rappellent notre propre histoire, notamment les vagues d’immigration successives depuis plus d’un siècle, rappellent aussi notre tradition humaniste et les valeurs universalistes de la République française, rappellent enfin notre engagement de centristes et nos positions altruistes, fondées sur l’ouverture à l’Autre et le sens du dialogue, sur le respect de l’Autre et de sa culture, sur l’enrichissement que génèrent des différences réciproquement comprises et acceptées.
Après un essai de clarification de la notion d’identité, comme caractère fondamental d’une personne ou d’un groupe, comme élément d’interaction de l’un à l’autre – du singulier à l’altérité –, le débat a fait apparaître que les participants se vivent comme porteurs d’identités simultanées, du local au national – la question de notre identité européenne n’a pas été abordée. Plusieurs intervenants se sont dits à la fois gardois, voire nîmois, languedociens, méditerranéens… et français. D’autres ont souligné que la construction de leur identité relève aussi de leur tradition familiale, de leur parcours scolaire, de leur appartenance confessionnelle, de leur pratique associative.
Une composante de notre identité française – expression jugée préférable à celle d’identité nationale, celle-ci considérée comme connotée négativement – a fait l’objet d’un réel consensus : la laïcité. Une rapide comparaison entre la situation de la France en la matière et celle d’autres pays d’Europe, et celle de la Turquie, a permis de conclure que la conception française de la laïcité est spécifique et constitue un trait particulier de notre communauté nationale.
L’échange a également mis en évidence, même si la réflexion est demeurée plus lacunaire, d’autres caractéristiques de l’identité française : l’appropriation de la devise de la République et des valeurs qui la sous-tendent ; les principes et l’organisation de la justice, notamment le principe du contradictoire, tellement bafoué dans beaucoup d’autres pays ; les dimensions spécifiques de notre culture, au travers de nos traditions, de notre gastronomie, de notre création artistique.
Ces différents points auraient mérité de plus larges développements. Mais, faute de temps – le débat a duré environ une heure… avant le moment attendu et essentiel de convivialité, ils n’ont été qu’esquissés.
Il convient enfin de souligner que le débat a été traversé par une sorte de « fil rouge » : la place de l’éducation dans la construction de notre identité française, au double plan individuel et collectif. Les participants ont été unanimes à considérer que la famille et l’Ecole ont une responsabilité majeure dans l’appropriation progressive de ce sentiment d’appartenance à une nation, en l’occurrence la nation française. L’accent a tout particulièrement été mis sur l’importance de l’éducation civique et de l’éducation à la citoyenneté ; d’aucuns ont même souligné la nécessité d’une restauration des leçons de morale, adaptées à notre temps et à notre société. Un participant averti a dénoncé ce paradoxe étonnant que constitue la « suppression » de l’enseignement de l’histoire et de la géographie en terminale scientifique (il s’agit d’en faire un enseignement optionnel) au moment où le Président de la République engage nos concitoyens dans ce grand débat sur l’identité nationale.
Bien que limité dans sa durée, ce premier échange atteste l’intérêt manifeste, souvent passionné, des militants du Nouveau Centre pour un tel débat, dont la dimension ontologique et les enjeux ne leur ont pas échappé, consciemment ou non, et la nécessité de le poser aujourd’hui, dans notre société en crise.
17:37 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : identité, nation, nouveau centre, europe, france




