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17/01/2011

L’évaluation des élèves de CM2 est un moment essentiel pour des apprentissages adaptés

Ce lundi 17 janvier, et pour toute la semaine, les élèves de CM2 se voient proposer des exercices d’évaluation en français et mathématiques. Le CM2 constitue un niveau charnière dans le parcours scolaire parce qu’il est l’ultime étape avant l’entrée au collège, ce qui nécessite, au regard des déficits constatés chez chaque écolier, des situations d’apprentissage et des soutiens appropriés aux besoins réels des élèves.

Si l’évaluation est une nécessité, dans la perspective d’une action pédagogique toujours plus efficace, se pose la question de la pertinence de la période retenue. La visée majeure étant, pour les enseignants, d’établir un diagnostic, donc de recueillir des données fiables sur les acquis et difficultés de leurs élèves en vue de retenir les meilleures stratégies pédagogiques, il serait préférable que cette évaluation ait lieu en début d’année scolaire.

Il n’en est pas moins utile de mettre en place cette évaluation, qui constitue un formidable levier pour rendre l’enseignement encore plus efficace et offrir aux élèves des chances optimales de réussite.

05/12/2009

De l'identité à l'unité

Vendredi 04 décembre 2009, à la permanence de la fédération gardoise du Nouveau Centre, à Nîmes, une cinquantaine de militants ou sympathisants se sont retrouvés, dans une ambiance comme à l’accoutumée chaleureuse, pour participer à un premier échange sur « l’identité nationale », échange conduit par Julien DEVEZE, délégué de la fédération du Gard, chef de file du Nouveau Centre pour les électionsrégionales de mars 2010, et JackyRAYMOND, vice-président délégué au projet.

La rencontre a commencé par une interrogation liminaire sur l’opportunité d’un tel débat. A l’exception de quelques participants, inquiets du risque de manipulation induit par une telle réflexion ou par celui de dérives en rapport avec l’identitaire ou le communautarisme, la réponse a été positive. En effet, celles et ceux qui se sont exprimés à ce sujet ont estimé, d’une part qu’il convenait de lever bien des malentendus, notamment à propos des étrangers ayant accédé à la nationalité française, d’autre part de se réapproprier les éléments constitutifs du sentiment d’appartenance à la nation française, en particulier au travers de la question « qu’est-ce qu’être français » ?

La suite de l’échange a montré que même ceux qui avaient manifesté leur réticence, voire leur opposition, à un tel débat n’ont pas manqué d’apporter des contributions aussi intéressantes que passionnées.

L’un des participants a immédiatement proposé que le questionnement porte davantage sur les conditions de l’unité nationale que sur l’identité nationale. Cette piste de réflexion, réintroduite ultérieurement dans le débat par les animateurs, n’a pas été approfondie.

Malgré le souci des deux animateurs de provoquer un débat positif sur la manière dont chacune ou chacun pouvait vivre ce sentiment d’être français, l’analyse a rapidement porté sur les quartiers et sur les jeunes de la communauté maghrébine. Plusieurs participants ont témoigné, avec émotion, de leur difficulté à vivre aujourd’hui dans leur quartier, faisant état d’incivilités quotidiennes, voire d’actes de délinquance ou de violence – vols, trafics de drogue, incendies de voitures, menaces verbales et physiques, etc. D’autres ont mis en cause certaines dérives confessionnelles et l’acceptation coupable de trop nombreux politiques – restauration scolaire et viande halal ; horaires spécifiques pour femmes musulmanes à la piscine ; accouchement et refus de médecins masculins ; etc.

Pour éviter des dérapages, il a parfois fallu que les animateurs rappellent notre propre histoire, notamment les vagues d’immigration successives depuis plus d’un siècle, rappellent aussi notre tradition humaniste et les valeurs universalistes de la République française, rappellent enfin notre engagement de centristes et nos positions altruistes, fondées sur l’ouverture à l’Autre et le sens du dialogue, sur le respect de l’Autre et de sa culture, sur l’enrichissement que génèrent des différences réciproquement comprises et acceptées.

Après un essai de clarification de la notion d’identité, comme caractère fondamental d’une personne ou d’un groupe, comme élément d’interaction de l’un à l’autre – du singulier à l’altérité –, le débat a fait apparaître que les participants se vivent comme porteurs d’identités simultanées, du local au national – la question de notre identité européenne n’a pas été abordée. Plusieurs intervenants se sont dits à la fois gardois, voire nîmois, languedociens, méditerranéens… et français. D’autres ont souligné que la construction de leur identité relève aussi de leur tradition familiale, de leur parcours scolaire, de leur appartenance confessionnelle, de leur pratique associative.

Une composante de notre identité française – expression jugée préférable à celle d’identité nationale, celle-ci considérée comme connotée négativement – a fait l’objet d’un réel consensus : la laïcité. Une rapide comparaison entre la situation de la France en la matière et celle d’autres pays d’Europe, et celle de la Turquie, a permis de conclure que la conception française de la laïcité est spécifique et constitue un trait particulier de notre communauté nationale.

L’échange a également mis en évidence, même si la réflexion est demeurée plus lacunaire, d’autres caractéristiques de l’identité française : l’appropriation de la devise de la République et des valeurs qui la sous-tendent ; les principes et l’organisation de la justice, notamment le principe du contradictoire, tellement bafoué dans beaucoup d’autres pays ; les dimensions spécifiques de notre culture, au travers de nos traditions, de notre gastronomie, de notre création artistique.

Ces différents points auraient mérité de plus larges développements. Mais, faute de temps – le débat a duré environ une heure… avant le moment attendu et essentiel de convivialité, ils n’ont été qu’esquissés.

Il convient enfin de souligner que le débat a été traversé par une sorte de « fil rouge » : la place de l’éducation dans la construction de notre identité française, au double plan individuel et collectif. Les participants ont été unanimes à considérer que la famille et l’Ecole ont une responsabilité majeure dans l’appropriation progressive de ce sentiment d’appartenance à une nation, en l’occurrence la nation française. L’accent a tout particulièrement été mis sur l’importance de l’éducation civique et de l’éducation à la citoyenneté ; d’aucuns ont même souligné la nécessité d’une restauration des leçons de morale, adaptées à notre temps et à notre société. Un participant averti a dénoncé ce paradoxe étonnant que constitue la « suppression » de l’enseignement de l’histoire et de la géographie en terminale scientifique (il s’agit d’en faire un enseignement optionnel) au moment où le Président de la République engage nos concitoyens dans ce grand débat sur l’identité nationale.

Bien que limité dans sa durée, ce premier échange atteste l’intérêt manifeste, souvent passionné, des militants du Nouveau Centre pour un tel débat, dont la dimension ontologique et les enjeux ne leur ont pas échappé, consciemment ou non, et la nécessité de le poser aujourd’hui, dans notre société en crise.

14/11/2009

Le difficile, mais nécessaire, débat sur l'identité nationale

Initié par le Gouvernement, le débat sur l’identité nationale fait rage, entre la droite et la gauche comme au-delà de ces appartenances politiques, en premier lieu sur le principe même de ce thème de « grand débat », en second lieu sur la notion proprement dite, en particulier sur les connotations de l’épithète, dont la place et le sens dans l’expression ne produisent pas les mêmes effets que dans la dénomination officielle et consacrée de « carte nationale d’identité ».

Le terme « identité » caractérise à la fois la singularité d’une personne, son individualité originale, repérable grâce à divers éléments, dont certains mentionnés sur sa carte d’identité, et le rapport de cette personne à ses semblables, au sein de son groupe ou de sa communauté d’appartenance, que ce soit par exemple un groupe professionnel ou la nation française. Se pose dès lors la question, fondamentale, du double rapport de similitude et d’altérité, de la tension entre ces deux composantes constitutives de tout groupe humain, y compris à l’échelle de la nation. La question de l’identité ne saurait échapper à une réflexion sur ce lien majeur et indéfectible, qui tisse la toile de la « nation ».

Ce terme d’identité, considéré dans son seul champ lexical, peut avoir des relents malsains quand on le rapproche du néologisme « identitaire », dont l’usage ne manque pas de soulever la polémique – qui n’a pas à l’esprit les controverses sur les politiques identitaires ! – ou quand on l’accole à un terme comme celui d’immigration – Ministère de l’immigration et de l’identité nationale.

Quand le substantif considéré se double du qualificatif « national », le débat s’installe, dans toute sa complexité au plan notionnel, dans toute sa fièvre au plan idéologique.

Contrairement à ce qui a pu être écrit récemment sous la plume d’une historienne, l’occurrence de l’adjectif « national » n’est pas récente. Ce mot apparaît au XVI° siècle. Ainsi Montaigne en fait-il usage dans ses Essais : « Non parce que Socrate l’a dit, mais parce qu’en vérité c’est mon humeur, et à l’aventure non sans quelque excès, j’estime tous les hommes mes compatriotes, et embrasse un Polonais comme un Français, post posant cette liaison nationale à l’universelle et commune » (Essais, III, IX). Montaigne n’aurait pas craint le « plombier polonais »… et il lançait à sa façon le débat qui agite aujourd’hui, en ces temps préélectoraux, la classe politique et les médias.

L’adjectif « national » double et renforce sémantiquement le substantif « identité » dans la mesure où il souligne l’appartenance à une nation – la similitude - et renvoie, par opposition, à l’étranger – l’altérité. C’est ce qu’exprime fort bien, dans le contexte de la société de son époque, Madame de Staël, quand elle souligne « cette sainte antipathie pour les mœurs, les coutumes et les langues étrangères, qui fortifie dans tous les pays le lien national. » (De l’Allemagne) – un mur au figuré, mais tout aussi infranchissable !

Le pas est vite franchi… Qui ne voit que l’exaltation du sentiment national conduit au nationalisme et à son cortège de dérives en tous genres, d’un patriotisme chauvin ou de la revendication d’une nationalité dans des groupes qui réclament l’autonomie, voire l’indépendance, pour leur pays – nous connaissons ce phénomène à nos portes, au sein même de l’Europe – à l’expression haineuse du racisme et de la xénophobie.

Le beau mot de « nation », qui évoque étymologiquement la naissance, garde de ses origines bibliques l’empreinte du sacré.

Dans son usage moderne, qui remonte au « Siècle des Lumières » et à la Révolution de 1789, il prend une triple dimension, qui fonde aujourd’hui l’identité nationale comme prise de conscience de l’unité d’un groupe humain et volonté de vivre ensemble. Dimension sociale, celle d’une population vivant sur un même territoire et partageant certains modes de vie et traditions, ce qui n’exclut pas le multiculturalisme. Dimension juridique, celle d’un ensemble de citoyens égaux devant la loi, régis par la même législation, représentés par la même autorité souveraine. Dimension historique, celle d’une collectivité humaine unie par un passé partagé et assumé, un avenir commun à construire ensemble, un héritage culturel à transmettre.

A mes yeux, l’identité nationale se nourrit de ces dimensions positives du « vivre ensemble ». Mais il convient de rester lucide et de ne pas perdre de vue les risques inhérents à l’exacerbation de certains sentiments inacceptables parce que marqués du sceau de l’exclusion et de la haine, avec les violences qui en découlent.

La notion d’identité nationale, loin d’être figée, est ouverte et en permanente évolution. Elle est une construction humaine qui ne cesse de se réajuster, sous l’influence de phénomènes multiples, dont les flux migratoires successifs depuis de longues décennies, les évolutions politiques et le redécoupage de multiples territoires à l’échelle européenne, mais aussi mondiale, les mutations sociales, économiques et culturelles, le rôle intégrateur de l’Ecole, la mobilité croissante des hommes et des femmes de notre temps, en particulier de nos concitoyens – comment, par exemple, nos compatriotes qui vivent et travaillent à l’étranger se vivent-ils comme Français ?

Alors, au lieu de parler d’identité nationale, ne pourrait-on parler d’identité française ?

Et, dans le prolongement de cette réflexion sur ce qui nous constitue comme Français, il importe aujourd’hui de construire notre identité européenne. Les débats sur le projet de traité européen, texte rejeté en 2005, en particulier par une majorité de Français, ont mis en évidence l’extrême difficulté à partager des valeurs, à accepter les mêmes emblèmes et les mêmes symboles, comme l’hymne ou la devise.

Contrairement à ce que clament ses détracteurs, le débat sur l’identité est utile, et même nécessaire, parce que les constituants de cette notion fondamentale ne s’imposent pas à l’évidence, parce qu’il vaut mieux expliciter et argumenter des différences, ce qui est source de compréhension, de rapprochement et de richesse, que de laisser s’enraciner des ambiguïtés, des non-dits, ce qui ne manque pas de générer incompréhension, intolérance, repli communautariste, exclusion, haine de l’Autre.

Et nul ne saurait dorénavant faire l’économie d’une réflexion sur notre double enracinement national et européen, l’un s’enrichissant de l’autre.

Je me sens profondément européen parce que je me suis pleinement approprié, de manière consciente et responsable, mon identité française.